05/10/2007

L'original

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13:27 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le plus grand timbre du monde

timbre-papillon-geant-echelle
Photographie, avec un jardinier arrosant le timbre, permettant de se rendre de compte de la taille de ce "timbre" (une demi-acre : soit 2000 mètres carrés). Image extraite d'un reportage photo sur la création de ce timbre.

A l'occasion d'une série de 4 timbres sur le thème de la pollinisation, un jardin a été créé représentant le timbre s'illustrant d'un papillon. Il est situé à Lawrence dans le Kansas, et a été créé par Stan Herd, un artiste de Crop Art (l'art des champs cultivés).
Il s'agirait du plus grand "timbre" au monde.

Pour d'autres photos reportage photo

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Origine du mot philatélie

La première apparition du terme philatélie remonte à novembre 1864, dans un article du "Collectionneur de timbres-poste", un "journal paraissant le 15 de chaque mois" édité par Arthur Maury. Cet article est attribué à Georges Herpin, mais il est possible que son auteur soit en fait Arthur Maury.

Le rédacteur a construit ce néologisme à partir des racines de 2 mots grecs :

philos, ami  et atélia, affranchissement ou taxe acquittée.

La philatélie regroupe donc les amis des affranchissements, donc en particulier des timbres-poste. 

En fait, le terme atélia signifie plutôt franchise qu'affranchissement, et philatélie veux donc dire exactement le contraire de ce qu'avait à l'esprit Herpin !

Un héléniste plus compétent aurait donc choisi telios, un mot plus juste que philatélie était donc philotélie. Philotélie a d'ailleurs été fermement défendu par les Grecs !

Donc, malgré une étymologie douteuse et un terme peu évocateur, le mot philatélie a eu un succès certain, y compris hors de nos frontières ! Il me paraît assez bien trouvé : La notion de collection des affranchissements est plus vaste que la collection des seuls timbres. Elle reflète en fait plus la réalité actuelle - où de nombreux philatélistes ne collectionnent pas les timbres - que la situation de l'époque !

Le mot philatélie n'a pas été accepté à l'origine, les autres prétendants étaient basés sur le mot timbre, ils étaient sans doute trop évocateurs !

Timbrologie : l'étude des timbres. Même si la démarche du philatéliste est parfois scientifique, ce terme est sans doute exagéré.

Timbromanie ou Timbromania : mania signifie en grec "folie", et aurait mieux désigné cette névrose qui fait accorder une importance démesurée et amène à payer très cher des petits morceaux de papier !

Timbrophilie : la "passion des timbres" était un bon candidat, l'usage en a décidé autrement.

Ces termes archaiques sont encore utilisés de nos jours dans le nom de journaux (L'Écho de la Timbrologie) ; de sociétés philatéliques ; de négociants en philatélie.

Le plus souvent les raisons sont historiques (l'usage du mot philatélie n'était pas encore fixé) ; mais parfois il existe une volonté de donner une impression de pérennité, ou de donner un nom parlant mais encore disponible : les négociants choisissent souvent comme raison sociale "nom" philatélie, où "nom" est le nom du marchand, de la ville ou du département.

En d'autres langues l'usage est volontiers plus pragmatique, même si une variation du terme philatélie existe aussi. En anglais, on parle de "stamp collecting" : collection de timbre. En allemand, on utilise "briefmarkenkunde" : collection de timbres-poste.

Cette popularité en dehors de la francophonie s'explique sans doute par le fait qu'au début de la collection de timbres-poste, on collectionnait le monde entier, alors que maintenant la grosse majorité des collectionneurs se contente de son pays (ou d'un seul timbre !). L'explosion des émissions ne permet plus depuis longtemps de tout collectionner.

Avec la spécialisation des collections philatéliques, on a vu apparaître de nouvelles branches de la philatélie, beaucoup sont aussi nommées dans le même esprit :

Marcophilie, la collection des marques postales.

Mécanophilie ou Mécanotélie , la collection des empreintes de machines à affranchir et autres affranchissement mécaniques.

Maximaphilie, la collection des cartes maximun.

Aérophilatélie, la collection des timbres de poste aérienne et des documents postaux liés au transport aérien.

Astrophilatélie, une collection thématique sur ce qui touche l'espace. Les documents ayant voyagé dans l'espace sont une infime minorité des documents de cette collection.

Pré-philatélie désigne la collection des marques postales d'avant la création du timbre, c'est une branche de la marcophilie.

Phlogophilie, terme peu usité pour la collection des flammes postales, une autre branche de la marcophile.

Fiscaphilie ou plus communément Philatélie fiscale, la collection des timbres fiscaux.

Paraphilatélie, la collection des timbres non postaux. On parle surtout de pièce "Paraphilatélique" pour désigner un document à côté de la philatélie.

Errinophilie, la collection des étiquettes et autres vignettes non postales.

 

En fait, on est obligé d'acoller un adjectif ("classique" ou "traditionnelle") à philatélie pour désigner spécifiquement la collection de timbres-poste !

Le mot "philatéliste" désigne celui qui pratique la philatélie. La Poste emploie ce mot dans un sens très restrictif (qui m'exclu depuis quelques années) : pour désigner les abonnés à ses nouvelles émissions !

On différencie parfois le "vrai" philatéliste (qui a une pratique "sérieuse" de la philatélie) : du collectionneur de timbre (qui achète des timbres).

du "boucheur de case" : celui-ci possède un album pré-imprimé ou un classeur où une case attend chaque timbre émis. Son objectif est d'être complet.

du collecteur ou ramasseur de timbre (qui n'achète pas de timbre, il se contente de se fournir sur du courrier).

À noter que l'expression "timbré", qui désigne quelqu'un de plus ou moins fou, existait avant le timbre-poste : lire le dictionnaire de l’académie française de 1798, ( voir texte )   soit bien avant l'émission du "Penny Black" en 1840, premier timbre émis.

Origine : Mag’Timbre

08:02 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Dictionnaire de l'Académie française 1798

[Image de l'original: Dictionnaire de l'Académie française 1798, tome II, page 658]

     TIMBRE. subst. m. Sorte de cloche immobile qui n'a point de battant, et qui est frappée par un marteau. Le

[Image de l'original: Dictionnaire de l'Académie française 1798, tome II, page 659]

timbre d'une horloge, d'une montre. Timbre d'un réveille-matin. Le timbre de cette horloge est très bon.
     Il se dit quelquefois pour Le son que rend le timbre. Ce timbre est trop éclatant.
     Il se prend quelquefois figurément pour le retentissement de la voix. Et dans ce sens on dit d'une belle voix: Voilà un beau timbre. Cette voix a un timbre argentin. Sa voix n'a point de timbre.
     TIMBRE, se dit aussi De la marque imprimée et apposée au papier dont on se sert pour les actes judiciaires, et que l'on appelle Papier marqué ou timbré. Les timbres des actes judiciaires sont différents selon les différentes Généralités.
     On appelle aussi Timbre, La marque particulière que chaque bureau des postes imprime sur les lettres qui partent de ces bureaux. Le timbre de cette lettre est LYON.
     TIMBRE, en termes d'Armoiries, signifie, Le casque qui est au-dessus de l'écu. Les Souverains portent le timbre ouvert.
     TIMBRE, se prend figurément et familièrement pour La tête. On dit d'Un homme un peu fou, Il a le timbre fêlé. La peur lui a tourné le timbre. On dit aussi, C'est un timbre.

     TIMBRER. v. act. Terme de Blason. Accompagner d'un timbre ou de quelque autre marque d'honneur, de dignité. Timbrer une armoirie. Les armes du Pape sont timbrées d'une tiare.
     TIMBRER, signifie en termes de Pratique. Écrire au haut d'un acte la nature de cet acte, sa date, et le sommaire de ce qu'il contient. Timbrer des pièces.
     On dit aussi, Timbrer du papier, timbrer du parchemin, pour dire, Imprimer sur du papier, sur du parchemin, la marque ordonnée par le Roi, pour faire qu'il puisse servir aux actes de Justice. Timbrer une lettre, Y imprimer le timbre.
     TIMBRÉ, [TIMBR]ÉE. participe. Papier timbré. Cette lettre n'est pas timbrée. Cette lettre est timbrée de Bordeaux, de Marseille.
     On dit figurément et familièrement, Une cervelle, une tête timbrée, un cerveau mal timbré, pour dire, Un écervelé, un fou. On dit dans le même sens d'Un homme, qu'Il est timbré, qu'il est un peu timbré.
     En termes de Blason, il se dit De l'écu couvert du casque ou timbre.

     TIMBREUR. subst. mas. Celui qui timbre.

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07/09/2007

Voici vos nouveaux timbres.

Dès ce 1er octobre, tous seront sans valeur faciale et valables à vieBRUXELLES Sacrée révolution à La Poste. À partir du 1er octobre, tous les timbres (imprimés au-delà de cette date) ne présenteront plus aucune valeur faciale, plus aucune mention de prix. Ils auront dès lors une valeur unique, valable à vie, indépendamment des changements de tarifs. Vous pourrez donc les stocker à la maison et les utiliser à tout moment. Les timbres à valeur faciale existaient déjà au sein de l'entreprise de La Poste mais réservés à une niche. Le changement qui sera opéré concernera l'ensemble du courrier national. Les raisons de cette évolution sont multiples. "Nous voulons apaiser le client avec un timbre qui ne perd pas sa valeur d'affranchissement, indique Baudouin Meunier, directeur Clientèle à La Poste. En cas d'augmentation de prix, il ne faudra plus ajouter de timbres extra." Une autre nouveauté qualifiée de facilité par La Poste est apportée. Il existera cinq types de timbres, numéroté de 1 à 7 (sauf le 4 et le 6). Le premier équivaut au timbre Prior d'une valeur de 0,52 euro nécessaire à l'envoi d'une lettre de 50 grammes maximum. "Les timbres suivants sont des multiples de 0,52." Le timbre 2 vaut donc 1,04 euro; le 3, 1,56 euro et ainsi de suite jusqu'au 7 (3,64 euros pour un envoi entre 1 et 2 kilos). "Le client pourra donc combiner plusieurs timbres" même si 80 à 85 % du courrier normal sera affranchi avec un timbre numéro 1. "Ce système permet aussi de simplifier la gestion des stocks au sein du bureau de poste", précise M. Meunier. L'idée de supprimer totalement les valeurs faciales n'est pas récente. " Nous avons mené une enquête dès 2003 afin de connaître les principaux problèmes que rencontraient nos clients lors de l'envoi d'une lettre. Premier souci : le poids de la lettre. Ensuite, apparaissait le problème des timbres et des suppléments à ajouter en cas d'augmentation tarifaire." Selon les responsables de La Poste, le système qui entrera en vigueur chez nous serait une première européenne. Pendant tout un temps, les nouveaux timbres sans valeur et les anciens avec valeur vont devoir cohabiter et La Poste promet de mettre tout en oeuvre pour expliquer les tenants et les aboutissants du projet à ses clients. Enfin, le système vaut aussi pour les timbres de collection. La dernière émission à valeur faciale était donc celui imprimé à l'occasion des 70 ans de la Reine Paola. DH.

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24/08/2007

Timbre anniversaire pour la Reine Paola

BRUXELLES Le 29 août prochain, La Poste convie la presse à la présentation du timbre qui célébrera les 70 ans de la reine Paola. Un événement dans le monde de la philatélie, quand on sait que l'histoire du timbre (tout comme celle de la monnaie) est étroitement liée à celle des familles régnantes.À coup sûr, l'émission consacrée à la souveraine devrait attirer les collectionneurs. Tout d'abord, parce que" les timbres consacrés à la famille royale sont toujours très attendus, nous indiquait récemment La Poste. Il existe une réelle demande en Belgique par rapport à cette thématique."Ensuite, parce que les timbres illustrant le visage de Paola ne sont pas nombreux, contrairement à ceux du roi Albert II. Rappelons que l'an prochain, un timbre en l'honneur des 80 ans de Fabiola devrait sortir des imprimeries de la section Philatélie de La Poste, situées à MalinesK. F.

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15/05/2007

Emission d’un timbre pour les 40 ans de la réunification de Jérusalem

Les services philatéliques de la poste ont décidé de célébrer le quarantenaire de la réunification de Jérusalem en émettant un timbre spécial, une enveloppe et une feuille de souvenir national pour ‘‘les 40 ans de la réunification de Jérusalem.’’

Une feuille de souvenir est une publication officielle des services philatéliques de la compagnie de la poste israélienne, qui tient la fonction de souvenir particulièrement élégant de l’évènement qu’il célèbre. La feuille portera le timbre publié en l’honneur de la réunification de Jérusalem, lequel portera pour sa part le sceau spécial du jour de son émission. La feuille est décorée par un dessin très coloré d’une vue de la ville. Sur la feuille et le timbre, apparaît le logo spécialement conçu par la municipalité de Jérusalem à l’occasion des festivités qui célèbreront le quarantenaire de la réunification de la ville. Le texte apparaissant sur la feuille est rédigé en hébreu et en anglais.timbredejeru

En ce qui concerne le timbre, il veut transmettre un message d’unité au sein des diverses communautés qui composent la population de la ville. Sur le timbre, apparaissent des silhouettes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel représentant toute la population des citoyens de la ville, lesquelles se tiennent pas la main et entourent une boule, dans laquelle sont dessinés plusieurs des monuments caractéristiques de Jérusalem.

Les monuments représentés sont (à partir du bas à droite et en suivant le sens des aiguilles d’une montre) : des maisons de quartiers de la ville, la Menorah (chandelier à 7 branches) de la Knesset avec pour arrière-fond le Kotel (Mur occidental), le sanctuaire du Livre et le complexe du musée d’Israël, le moulin de Sir Montefiore, la Citadelle de David et les murailles de la vieille ville, la tour d’une église et le Dôme du Rocher sur le Mont du Temple.

Yael Ancri

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11/05/2007

Anachronisme

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Les soldats portent l'arme sur l'épaule gauche ... Le porte drapeau a six doigts à sa main droite ...  Un fantassin porte un casque "type pompier" qui n'existait pas en 1794. Il ressemble à un casque de cuirassier, cavalier, sans le panache accroché au casque.

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Emissions spéciales pour les 100 ans d’Hergé

La Poste, qui a déjà publié plusieurs11_100ans_herge_flle fois des timbres à l'effigie de Hergé ou de Tintin, mettra en vente une planche de 25 timbres reprenant les 24 couvertures des albums de Tintin dont le titre est rédigé dans une langue étrangère. Le 25e timbre est un portrait de Hergé. Les timbres auront une valeur faciale de 0,46 euro et seront vendus par planche (soit 11,5 euros pour l'ensemble des timbres). Ils seront vendus en prévente au Centre belge de la Bande dessinée à Bruxelles, le 19 mai de 10h à 16h30 et disponibles dans toutes les postes dès le 22 mai.

La Monnaie royale de Belgique, qui avait frappé une pièce commémorative à l'occasion des 75 ans de Tintin, proposera à la vente une pièce spéciale Hergé d'une valeur faciale de 20 euros, qui sera toutefois vendue au prix de 49 euros. La pièce des 75 ans de Tintin, vendue en janvier 2004, avait été épuisée en quelques jours.

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09/03/2007

Un magasin de timbre timbré !

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Cette très jolie façade peinte en trompe l'oeil est celle d'un magasin de collections de Tours ( France ).

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06/03/2007

Roger Federer timbré en Suisse

Le joueur de tennis Roger Federer, numéro 1 mondial, est officiellement promu au rang de héros national par la Poste suisse, qui a décidé d'émettre un timbre à son effigie. «Accumulant les succès sportifs, Roger Federer est l'un des plus grands ambassadeurs de la Suisse à travers le monde», a fait valoir lundi l'entreprise, qui dédie pour la première fois un timbre à une personnalité vivante. D'une valeur de 1 franc suisse (0,61 euro), ce timbre sera présenté et disponible dès le 10 avril dans tous les bureaux de poste du payiss. Roger Federer a entamé par ailleurs depuis hier sa 161e semaine sans interruption à la tête du classement ATP, battant ainsi le record établi par l'Américain Jimmy Connors, n° 1 de juillet 1974 à août 1977.

Libération.fr

 

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01/03/2007

Vraie actualité et faux timbres

Guy Houvenaghel, Cercle Philatélique de La Hulpe

 

Mon activité timbrophile, très fluctuante au cours de l’année compte tenu de mes activités professionnelles, connut un regain voici deux ans lors des congés d’été. Outre la lecture de l’une ou l’autre revue de timbrologie disponible dans les magasins de presse ou la visite chez un philatéliste établi dans la ville voisine pour y trier les offres du moment… et se laisser ou non tenter…, mon attention fut attirée cette année par le thème des faux timbres.

 

D’abord, dans le cadre des commémorations du 60ème anniversaire du débarquement en Provence parmi toutes les évocations, expositions et prises d’armes, une exposition à Théoule sur Mer (Estérel) fut consacrée à l’évocation des jours de la délivrance. L’un des organisateurs de cette exposition est aussi dirigeant d’une association philatélique de Cannes. Rien d’étonnant dès lors si on y exposait aussi des faux timbres de l’époque.

Il y avait notamment une planche entière de faux timbres confectionnés en 1943 dans une imprimerie clandestine à Nice et représentant l’effigie du Général de Gaulle. Ainsi qu’un faux timbre du Maréchal Pétain surchargé de la Croix de Lorraine lors du débarquement commémoré.

 

Ensuite, un cadeau de ma fille Gaëlle, fruit de ses flâneries bibliophiles estivales… un livre… couverture rouge vermillon et orange… graphisme du titre : « FAUX TIMBRES». Tout ceci ne peut laisser indifférent… et le contenu accroche le regard tant du philatéliste que de l’amateur de livres d’art…

 

Le contenu est aussi attractif que la couverture… Normal lorsque l’on apprend que l’auteur, Jean Bachès, fut publiciste de renom, diplômé des Beaux-Arts, qu’il eut une longue carrière car il a près de 80 ans et que son surnom est « King Graffitti ».

 

Ce qui étonne le plus est le contenu de cet album : on y découvre une série impressionnante de facsimile de timbres-poste faux, mais réellement usagés (affranchis). Leur facture est moderne et attractive dans le style des timbres européens des années 1980-1990 ; mais chacun est une petite aquarelle de qualité.

 

Les thèmes sont variés, et couvrent le culturel, l’événement ou la politique ; on va d’un premier essai positif : un hommage à la ville de « Collioure » (1989) jusqu’à l’actualité de 2004 avec « G. Bu$h wanted » … et « Haïti 1804-2004 ». Ainsi que plusieurs évocations funèbres pour des personnalités françaises et du monde avec en dernier clin d’œil sur l’ultime page de l’album : un timbre préparé pour « King Graffiti » lui-même, sur lequel la date de décès n’est pas complétée…

C’est aussi le cas d’une paire de timbres représentant une caricature de Boris Eltsine gisant qui attend stoïquement l’heure fatale, la bouteille à la main.

Le style de l’album va donc du culturel et du sérieux et du grave à l’humour macabre et à la dérision.

 

Jean Bachès apparaît en réalité comme un anarchiste gauchisant attentif aux bruits, aux horreurs et aux joies du monde. Dans la présentation de l’album, on dit qu’il écoute les infos de 12 heures où il trouve parfois intérêt pour un fait, une guerre, un anniversaire, un exploit sportif…Le voilà alors immortalisant l’événement, le dessinant sous forme de timbre-poste.

 

Cette petite aquarelle ou dessin unique devient alors un timbre qui acquiert une réelle vie postale. Ce « faussaire » poste en effet sa création artistique avant la dernière levée du jour… il se joue donc ouvertement du tri automatique qui, sur la bonne mine du timbre, lui accorde l’apposition de l’oblitération du centre de tri postal.

 

En bon fils d’un contrôleur principal des Postes, Jean Bachès ne nargue pas l’administration. Il se dit persuadé que les postiers rient de ses petits jeux. Pourtant certains fonctionnaires plus vigilants et tatillons lui ont retourné du courrier avec sur l’enveloppe la mention manuscrite « Timbre-poste contrefait, article 471 IG Fas III ». Cet excès de zèle ne désarme cependant pas le « faussaire »… qui recommence dès le lendemain.

 

Le « King Graffiti » a ainsi fabriqué plus de 300 vignettes « faux timbres », tant au niveau français qu’international. En effet, les timbres (faits, pas contrefaits !) ne relèvent pas que des postes françaises mais concernent aussi un niveau « international » avec des pays tels que Chine, Turquie, Irlande, USA, Canada, Suisse, Australie, Brésil, Egypte, Jordanie, Irak… et les courriers sont alors postés de ces pays étrangers par des amis porteurs de missives.

 

D’emblée les thèmes décoiffent par la malice et l’humour de l’auteur. Même si les sujets sont graves, ils gardent toujours, en plus du caractère artistique de l’œuvre, un brin de légèreté, de fantaisie et de délicatesse.

Dans le genre imposant, massif : les 134 jours de traversée du Pacifique d’Aboville, les 4 titres mondiaux d’Alain Prost ou plus encore les 3764 jours de présence de Mitterrand à l’Elysée…

Dans le style documentaire, notons la célérité du maître : ainsi prévue pour le 2-8-90, l’arrivée attendue de Florence Arthaud dans la traversée victorieuse de l’Atlantique à la voile, elle ne franchit le Cap Lizard que le 3-8 à 0h19 min… mais le timbre commémoratif de Bachès était déjà réalisé et affranchi au bureau de Lyon 2e arrondissement le 2-8 à 18 heures ! ! 

En 1992, en évoquant le 500ème anniversaire de la découverte des Amériques par Christophe Colomb, King Graffiti ne risque pas de se tromper d’heure…mais trompe bien la poste !

 

Dans le genre tragique, un timbre USA International représentant les « twin towers » enflammées le fatidique 11 septembre 2001…

Une partie de la production couvre bien sûr aussi les événements d’Irak… dont une image de la figure hagarde et hirsute de Hussein lors de sa capture le 13 décembre par les GI américains.

 

Sur le mode macabre, mais en plus délicat, signalons un joli « timbre », représentant une remarquable aquarelle de coquelicot, envoyé le 15 juin 1994 en souvenir du décès, la veille, du chanteur engagé Mouloudji (Un jour tu verras, Si tu t’imagines…). L’exigence artistique, la qualité des messages et l’engagement politique et philosophique… de Jean Bachès ne sont pas sans rappeler la poésie d’un Mouloudji, pas étonnant dès lors que cette perte pour la chanson et le cinéma français l’ait marqué.

D’autres « timbres » « faire part de décès », chacun émouvant, concernent notamment encore des personnages des sciences comme le vulcanologue Haroun Tazieff ou des arts comme le peintre graphiste Peynet, le pianiste Michel Petrucciani nain génial du Jazz français…

 

Ultime exploit à évoquer : le passage du King Graffiti à FR3 qui lui consacre un éloquent reportage quelque 12 ans après l’émission du premier faux timbre… et où l’auteur, invité en studio, a réalisé un faux timbre en direct sous la caméra… timbre qui a servi le jour même  pour l’affranchissement !

 

On peut dés lors critiquer la Poste pour la lenteur des distributions et la rentabilisation à outrance due à l’automatisation. Cet exemple des faux de Bachès démontre que l’œil humain ne se remplace visiblement pas… par une machine (!) car les palpeurs automatiques du tri ne calent optiquement pas devant la perfection, les « timbres » confectionnés par le  « King Graffiti ».

Grâce à ces imperfections systématiques des machines de La Poste, de France et d’ailleurs, pendant 15 ans notre sympathique « faussaire » a donc testé la perméabilité des centres de tri. Grâce à ce labeur obstiné, on peut à présent découvrir un remarquable album (*) qui, à la manière du « Canard enchaîné » et des caricaturistes, relate les événements de France et du Monde. Des graffitis comme ça, on veut en voir partout !

 

A quand donc aussi le bloc aquarelle postal officiel où chacun pourrait dessiner un timbre et l’utiliser pour affranchir ainsi le courrier avec ses propres œuvres (uniques) ?

 

Jean Bachès - Faux Timbres, vraie actualité - Editions Stéphane Bachès Sarl « C’est une autre histoire » - 15 bis, rue du Chariot d’Or - F-69004 LYON

ISBN 2-915266-04-2 - Prix 28 euros

 

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22/02/2007

France : émission d'un timbre-poste pour marquer l'Année du Cochon en Chine

                    

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                                                                                                                 La Poste de France a organisé le 27 janvier à Paris une cérémonie à l'occasion de l'émission d'un timbre-poste commémoratif pour marquer l'Année du Cochon en Chine (en Chine on l'appelle shengxiao, c'est-à-dire l'animal correspondant à chacun des douze rameaux terrestres désignant l'année de naissance : rat, boeuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon).

L'émission comprend outre un timbre présentant un gentil cochon dodu réalisé d'après la peinture traditionnelle chinois, une enveloppe philatélique commémorative verticale à la chinoise, une autre enveloppe horizontale plus petite et une enveloppe philatélique du premier jour d'émission.

Toute la série de timbre commémoratif et d'enveloppes commémoratives a été conçue par Li Zhongyao, un artiste d'origine chinoise résidant en France, qui a utilisé la pivoine comme motif de fond et qui a réalisé un mignon petit porc grassouillet et tout potelé avec un trait caractéristique de notre époque. C'est la troisième année consécutive que Li Zhongyao a réussi à s'adjuger après concurrence la conception de timbres-postes shengxiao chinois pour la Poste de France.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

 

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LE BRABANT WALLON,

LE BRABANT WALLON,

PARENT PAUVRE DE LA PHILATELIE BELGE ?

 

Nous avons reçu dernièrement un prospectus de La Poste nous informant que depuis le 1er septembre 2006, il y avait une extension du nombre de bureaux de poste dits « philatéliques » qui passeraient de 71 à 166.

Voilà une bonne nouvelle en soi.

Mais en examinant attentivement la liste de ces bureaux, nous constatons que pour toute la province du Brabant Wallon, il n’y a que 4 bureaux qui ont trouvé grâce auprès de la Direction de la Philatélie, soit moins de 3 % par rapport à l’ensemble du pays. Les collectionneurs brabançons seraient-ils si peu nombreux ou si peu intéressants à desservir ?

Nous remarquons que pour les 19 communes de la région de Bruxelles, il y a 16 bureaux, sans compter ceux de Vilvoorde, Kraainem, Dilbeek, Zaventem, Leeuw-St-Pierre, Grimbergen et Tervuren.

Des centres comme Jodoigne, La Hulpe, Braine-l’Alleud, Perwez ou Villers-la-Ville ne sont d’aucun intérêt pour La Poste.

Vous avez dit “parent pauvre” ou “discrimination” ?

Voici la liste des quatre localités qui ont été retenues pour l’ensemble de la jeune province du Brabant Wallon.

 

Nivelles Centre, Place Albert Ier, 5

Ottignies Espace du Cœur de Ville, 15

Waterloo Centre, Chaussée de Bruxelles, 193

Wavre Centre, rue Florimond Letroye, 16

 

Hubert Havrenne, président du Cercle philatélique de Wavre

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Boulogne-sur-mer

Le Cercle Philatélique de La Hulpe organise le Samedi 10 mars 2007, un déplacement à Boulogne-Sur-Mer, à l'occasion de la "journée du timbre" dont le thème est cette année

Harry Potter

Le départ : le samedi 10 mars, place Communale de La Hulpe  6h30, retour au départ de Boulogne-sur-Mer vers 17h00 - arrivée La Hulpe vers 20h00

Ce déplacement est gratuit pour les membres en ordre de cotisation et se fait en voiture particulière.

Renseignements et inscriptions:

Jean-Paul Piette

0476/26.29.44 ou 02/654.01.97

clôture des inscriptions le 28/02/2007

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11/01/2007

Des timbres en hommage aux Beatles battent tous les records

Une série de timbres rendant hommage aux Beatles, mise en vente hier en Grande-Bretagne, est en passe de battre le record mondial pour une émission exceptionnelle, a indiqué Royal Mail, la poste britannique.
Ces timbres «sont en voie de battre le record mondial de vente pour une émission unique», en dehors d'une célébration royale, a expliqué la société dans un communiqué.

L'intérêt pour cette série de six timbres, représentant les pochettes de six albums «qui ont marqué une époque», est mondial avec un attrait particulier en provenance du Japon, des États-Unis et du Canada. «La demande des collectionneurs canadiens est si forte que la poste canadienne va vendre les timbres dans ses propres bureaux», a indiqué Royal Mail, soulignant que c'est la première fois qu'un réseau postal d'un autre pays vend des timbres britanniques.

Les commandes sur Internet ont «écrasé» le record réalisé en 2006 par l'émission commémorant le 80e anniversaire de la reine Elizabeth II. «Nous avons enregistré plusieurs dizaines de milliers de commandes», a indiqué à l'AFP une porte-parole de Royal Mail, précisant qu'elles atteignaient le double de celles reçues pour l'anniversaire de la reine.

L'opérateur postal a refusé d'indiquer le nombre de timbres émis - entre 32 et 72 pence (0,71 $ à 1,62 $) - pour ce tirage unique qui reproduit les pochettes de With The Beatles, Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, Help !, Abbey Road, Revolver et Let It Be.

Les collectionneurs ont également à disposition une planche comportant les six timbres (3,36 livres, 5,10 $) et un coffret de présentation avec un livret illustré retraçant l'histoire des Beatles (5,15 livres, 7,85 $). Royal Mail a mis en vente une planche de quatre timbres portant le cachet du jour d'émission, représentant notamment une guitare et un 45 tours.

AFP - Londres

15:24 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2007

Eugène LACAQUE et le timbre gravé…

Dernière exposition temporaire du Musée de la Communication en Alsace

RIQUEWIHR

 

Du 8 avril au 5 novembre et du 2 au 17 décembre dernier, l’exposition temporaire du Musée de Riquewihr était consacrée à ce grand graveur disparu l’an dernier, cet homme à la silhouette un peu ciselée comme celle de Jean Cocteau. Le parcours proposé permettait de découvrir l’infatigable artisan d’art qu’il était.

Il compte de très nombreuses réalisations de timbres-poste pour de nombreux pays. Il entretenait la sûreté de son trait, sur une matière qui ne permettait pas l’erreur, en se livrant à l’exercice quotidien du tracé de traits parallèles au crayon sur une feuille de papier, et ce, pendant vingt minutes, à l’image du sportif qui s’échauffe les muscles avant la compétition.

Avant de procéder à la gravure de timbres-poste, il s’était spécialisé dans la gravure de motifs pour impressions sur étoffes.

Son oeuvre « philatélique » est cependant impressionnante. Il a dessiné et gravé des timbres-poste pour de nombreuses administrations postales, notamment les anciennes possessions françaises disséminées dans le monde : en Afrique du Nord, Afrique Noire et Extrême-Orient. Mais c’est Monaco qui a le plus souvent fait appel aux talents de l’artiste graveur.

Eugène Lacaque est décédé le 23 février 2005 à Pfastatt (près de Mulhouse) à l’âge de 91 ans.

 

Petit aperçu de son palmarès

 

Grand Prix des Nations Africaines et Malgaches 1975 – 1978

Grand Prix Meilleur Timbre-poste français  1975 (YT France 1846)

Grand Prix Plus beau timbre-poste 1976 (YT France 1898)

Grand Prix Meilleur TP des pays francophones d’Outre-Mer 1980 & 1981

Trophée Robert Stolz - Plus beau timbre du monde sur la musique 1982 & 1985

Grand Prix de la Gravure 1983

Grand Prix Plus beau timbre sur la montagne 1982

Grand Prix des Nations Africaines et Malgaches 1984

Grand Prix de la gravure 1986

Grand Prix de l’Art Philatélique 1987 & 1988 (YT France 2548)

Grand Prix Plus beau timbre 1991

 

Voir aussi le TRIOMPHE DE FLORE du 4 juillet 1970, d’après un haut relief de J.B. Carpeaux, qui représente Flore, déesse des fleurs, personnifiée en une femme souple et souriante qui danse avec des enfants. (YT, France – 1641)

J.M. Leduc, de retour d’Alsace

11:55 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

EN MARGE DE BELGICA – BRUPHILA ‘06

Bruphila .... Quel avenir pour les compétitions philatéliques ?

Suite à un petit article paru dans le bulletin précédent, nous avons reçu le texte que nous reproduisons bien volontiers ci-dessous. L’intention était évidemment de susciter certaines réactions de la part des lecteurs ou des personnes qui ont visité ces deux expositions
À méditer sans aucun doute….

Alors que de nombreux éditorialistes de bulletins de cercles font part de leurs remarques positives à propos des expositions, je voudrais parler de l'évolution des compétitions en Belgique. En effet, faisant de la thématique depuis plus de 20 ans, j’ai constaté que l’on pouvait y voir de très belles collections au niveau international et même national.

Concernant Bruphila, il faut cependant regretter que notre Exposition nationale compétitive ait eu lieu dans le cadre de Belgica : elle était pour ainsi dire noyée dans la masse : même pas le moindre fléchage depuis l'entrée pour indiquer l’accès au palais 12 où se tenait Bruphila. Pour compléter mes dires, une page spéciale dans le journal "De Morgen" du 16 novembre avec la photo de M. Daniëls sur une demi page (!!) et pas une seule allusion à Bruphila !!!

Après les changements intervenus concernant le nombre de feuilles par cadre, l'exposition fut très loin de l'organisation de Phila Kortrijk 2002 et de Léodiphilex 2004 : aucun drink prévu pour les participants, pas de catalogue prévu (très intéressant de le recevoir en 2007 ??), pas d'entretien prévu avec les membres du jury .... On se demande à quoi sert la participation financière qui est demandée à chaque exposant.

Heureusement que j'ai été un peu tuyauté pour disposer de ce fameux catalogue et d'une copie de mes points (copie conforme à la précédente à 2 changements près - est-ce un hasard ?).

Parlant de celle-ci, il est navrant de constater que les commentaires se limitent à une ligne et demi alors qu'il paraît que les membres du jury prennent plein de notes.

A la question de savoir quand le diplôme, le palmarès et la feuille de cotation seront remis aux participants, il faut attendre 2007 l'ouverture de la Maison de la Philatélie : ils seront remis lors de l’inauguration (cherchez le rapport !).

Cependant, les exposants de Belgica ont reçu leurs résultats, palmarès et prix éventuels en retour en même temps que leur collection. Allez comprendre... A part les bruits de couloir, je n'ai reçu à ce jour strictement aucun courrier de la part du comité d'organisation de Bruphila et je trouve cela scandaleux.

Evidemment, les participants ne doivent pas rapporter grand chose en terme de "business", contrairement aux administrations postales et à certains marchands quand on voit les endroits où les visiteurs se bousculaient. Concernant les marchands, certains ont fait de bonnes affaires, mais d'autres ont, paraît-il, pris le bouillon ... mais les clients passaient souvent à la poste acheter leurs nouveautés.

A ce propos, il m'intéresserait vivement de connaître l'évolution du nombre d'abonnements aux nouveautés philatéliques de la Poste depuis 10 ans et de savoir si celle-ci suit la même tendance que celle observée dans les cercles.

Pour revenir à Bruphila, il paraît que tout était organisé par Pro-Post et la FRCPB devait se plier aux contraintes. Je ne peux que constater la diminution continuelle du nombre de collections exposées en nationale adultes depuis 2002. Que restera-t-il comme exposants dans 20 ans ??

Car en Nationale Jeunesse, c'est encore plus catastrophique : seulement 8 collections BELGES lors de Bruphila car on avait noyé le tout dans une FEPA (personne n'a su me dire pourquoi ?). En 1995, notre cercle avait organisé Junex 1995 : pas moins de 28 collections étaient en compétition. 

Pour conclure, pour toutes ces raisons, la philatélie n'est certainement plus mon premier hobby et on s'étonne vraiment que les jeunes et moins jeunes désertent la philatélie...

 

Benoît ADRIAENS

Un participant amèrement déçu

 

11:44 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/10/2006

METIERS : “La Poste Royale “

“ Quelle belle invention que la Poste”

Mme de Sévigné, Lettres

 

A la fin du Moyen Age, le XVème siècle est une période postale multiforme où existent de nombreux réseaux distincts et indépendants les uns des autres comme on l'a vu précédemment.  Louis XI va essayer de renforcer son autorité en renforçant son information, donc son réseau de chevaucheurs.  Au concept précédent: la route est à tous, il va substituer le concept: la route est au Roi.  Son réseau s'étendra, se consolidera, sera mis à la disposition du public par Henri III et Henri IV, et les emplois, transformés en offices, seront vendus au bénéfice du pouvoir royal.  On aboutira à la Ferme générale.  De grands commis, Louvois, Turgot, réorganiseront l'institution postale avec des courriers, des relais. Mais les anciens réseaux, comme celui de l'Université, résisteront longtemps.  Il faudra la Révolution pour unifier l'institution et la faire passer sous le contrôle de la Nation.

 

1.  Louis XI et le retour à la centralisation

Louis XI, gouverna plus par la diplomatie, la ruse et l'opiniâtreté que par la guerre.  Pour cela, il lui fallait des informations fraîches sur les seigneurs turbulents qui le menaçaient aux limites , de son royaume: Bretons, Bourguignons, Flamands.

C'est pourquoi, par l'édit de Luxies du 19 juin 1464, il créa ce qu'on a appelé la poste royale.  Certains érudits professent que l'édit de Luxies est un faux.  Nous n'entrerons pas dans ces querelles.  Mais nous reconnaîtrons qu'en 1477, Louis XI avait fait mettre un système de relais «postés» (d'où le mot poste) distants de 7 lieues les uns des autres (d'où l'expression « bottes de 7 lieues»), où les chevauheurs du Roi attendaient nuit et jour les plis qui leur parvenaient du relais voisin, chaque chevau­cheur parcourant la distance séparant deux relais et revenant ensuite à son point de départ.  Ces chevau­cheurs de relais devaient entretenir 4 ou 5 chevaux de légère taille, bien harnachés, propres à courir le galop durant tout le chemin.  Il était défendu aux chevaucheurs, sous peine de la vie, de donner leurs chevaux sans la permission du Roi ou du Grand Maître des chevaucheurs, leur chef. Un itinéraire leur était imposé, ce qui permettait le contrôle par le commis du Grand Maître.  Le contrôle de leurs mal­les et de leurs passeports était effectué à chaque relais.

Ainsi le Roi, qui séjournait le plus souvent à Ples­sis-lès-Tours, avait rapidement des nouvelles de son royaume et notamment de ses armées qui conte­naient la pression de Charles le Téméraire.  Des lia­isons permanentes étaient ainsi assurées entre Tours et Amiens (1464), Lyon (1481) avec prolongation sur la Suisse et l'Italie, Vierzon (1482), Avranches, Boulogne (et l'Angleterre) ...

Pour les destinations non desservies par des relais et qui restaient les plus nombreuses, Louis XI maintint les chevaucheurs de l'Ecurie placés sous les or­dres du Grand Ecuyer.  Ces chevaucheurs allaient de bout en bout de leurs missions.  Ainsi, en 1480, un chevaucheur est dépêché en Bourgogne à la recher­che de l'évêque d'Albi et, ne le trouvant pas, se lança à sa poursuite et ne le rejoignit qu'en Provence.  Il y avait donc des chevaucheurs de l'Ecurie du Roi, qui allaient partout à la recherche de personnes pour leur remettre des plis ou des instructions, et des chevaucheurs de la Poste du Roi qui allaient et venaient sur une portion d’itinéraires précis; ils donnè­rent naissance à ce qu'on appellera plus tard, les courriers, pour les premiers, et les maîtres de poste, pour les seconds.

En 1479, Louis XI créa un emploi de contrôleur des chevaucheurs pour surveiller les relais; il restait sous les ordres du Grand Ecuyer.  Le premier contrô­leur fut Robert Paon.

L'institution se développa et, à la mort de Louis XI, il y avait 234 courriers, appelés aussi courriers de Cabinet et chevaucheurs de relais.  Ultérieure­ment, en 1487, Charles VIII en réduisit le nombre a 120 et érigea leurs emplois en offices.

 

 2.   Des chevaucheurs à la Poste Royale

A la fin du XVème siècle, les particuliers ne peuvent transmettrent leur courrier que par des réseaux spé­cialisés: messagers de l'Université, messagers des villes, des corps constitués, messagers de métiers... mais, peu à peu, jusqu'à Henri IV, le réseau du Roi va évoluer vers ce qui sera en 1672, avec Louvois, une véritable poste aux lettres.  C'est d'abord Louis XII qui, en 1507, autorise ses chevaucheurs de relais à louer des montures aux particuliers. C'est un fait acquis sous François 1er, celui-ci confirmant, les pri­vilèges des Maîtres de poste, mais fixant aussi le tarif qu'ils peuvent percevoir pour les « courses des parti­culiers », c'est-à-dire la location des chevaux d'un relais à un autre, au prix de 15 sols tournois par relais.

Cette location de chevaux aux particuliers donna naissance aux Messageries royales, qui sont confir­mées par Henri III en 1576.  Ces Messageries royales (à ne pas confondre avec les Courriers du Roi ou Postes royales) étaient une charge vendue par le Roi, charge qui, bien entendu, pouvait être revendue par son titulaire.  C'était là un moyen pour le Roi de se procurer de l'argent.  Le messager royal avait le pri­vilège du transport des sacs de procédure, fort nombreux à cette époque de paperasserie, mais il était en cela, en concurrence avec les messagers de l'Univer­sité et ceux des corps constitués. Accessoirement, le messager royal pouvait transporter le courrier privé, mais il ne pouvait ni circuler la nuit, ni utiliser les relais royaux, alors que le courrier du roi, transpor­tant le courrier officiel, «courait la poste», c’est-à-dire circulait de jour et de nuit et au galop.

Jusqu'au télégraphe de Chappe, il faut retenir que le transport le plus rapide de la pensée a été le cheval. Ainsi, le Maître de poste prit rapidement une grande importance.  Au début, on l'a vu ce n'était qu'un chevaucheur entre deux relais et un pour­voyeur de chevaux.  Il ne tenait pas bureau.  Mais, peu à peu, il le fit et on lui apporta des lettres à transporter.  Le cheval  utilisé était son cheval; mais c'était insuffisant, celui-ci pouvait être malade, ou en course; aussi certaines villes, pour améliorer le ser­vice, lui en prêtèrent, ou lui en louèrent.  Dès ce moment là, le Maître de poste se distingue du che­vaucheur proprement dit (ou courrier du Roi).  Il a bientôt assez de chevaux pour en louer aux particu­liers, pourvu que le service du Roi soit assuré.  Et il le faisait d'autant plus facilement que le Roi ne le payait, ni assez, ni rapidement.  C'est pourquoi, François 1er préféra composer, et, en 1527, prit une ordonnance donnant aux Maîtres de poste, le monopole de louer des chevaux de poste aux particuliers sur la route Paris-Lyon.  En échange, et à titre gra­tuit, ils transportaient les plis du Roi et fournissaient des chevaux aux courriers royaux.  Le trafic se déve­loppa si fort que les Maîtres de poste durent prendre des valets à leur service, valets qui devinrent les futurs postillons.

Au début, les Maîtres de poste se recrutèrent parmi les chevaucheurs, avec l'accord du Roi, mais leur nombre devint si grand qu'on laissa ce soin au Contrôleur général des Relais. Les Maîtres de Poste avaient aussi le rôle important de surveiller les allées et venues des voyageurs et des courriers et de les signaler aux autorités.

Les ordres du Roi devant arriver coûte que coûte, et dans les moindres délais, le Roi est amené à payer des gages aux chevaucheurs pour services exception­nels et à imposer leurs passages aux provinces tra­versées.  Ils devaient galoper jour et nuit, et il était demandé aux villes de leur ouvrir les portes quand ils se présentent pour entrer (ou sortir).  Méfiantes, certaines villes préfèrent garder leurs portes fermées la nuit, et descendre un panier pour récupérer, du haut des remparts, le courrier destiné aux autorités de la ville, obligeant alors le chevaucheur à coucher le reste de la nuit dans une étable extérieure.

Pour assurer un bon transport du courrier, il fal­lait de bonnes routes. C'était vrai depuis longtemps pour la route Paris-Lyon qui était la plus fréquentée. Elle le resta avec Louis XII et les guerres d'Italie. Elle fut prolongée jusqu'à Marseille, puis Narbonne et Toulouse. On retrouvait ainsi les Stratae romaines.  Sous François 1er, se développèrent la route Paris ­Boulogne-sur-Mer avec l'alliance anglaise, et la route Paris-Soleure avec le recrutement des merce­naires suisses.

En 1584, Henri III, malgré son désir de dévelop­per la poste, voulut aussi en limiter les frais à sa charge; il prit donc un arrêt limitant la poste royale à 252 relais et 13 passages de rivières, laissant les autres à la charge des villes traversées. Avec le temps, l'organisation de la poste s'améliorait mais le transport du courrier et les voyages restaient encore une affaire périlleuse.

 

3.  Henri IV et la Poste

Durant cette période, l'Etat va prendre en main la réception, le transport et la distribution des lettres privées que Chevaucheurs et Maîtres de relais n'avaient pris jusqu'à présent que par complaisance.  Mais « ce service public» va se trouver en vive con­currence avec tous les réseaux privés qui se dévelop­peront eux aussi tant est grand le besoin du public.

C'est le Contrôleur Général des Relais qui va or­ganiser le louage des chevaux aux particuliers.  Il pouvait exploiter lui-même ce véritable monopole ou le concéder. En outre, il fixera, avec l'accord, écrit ou tacite du Roi, les tarifs pour le transport du courrier privé. Pour assurer le service et surveiller les routes postales, le Contrôleur Général aura des courriers spéciaux à son service, à qui il confiera le transport des lettres des particuliers. Il en encaissera les taxes, mais assurera la charge du service. C'est ainsi qu'est née la Poste d'Etat pour les particuliers.

Au début, les courriers ne partaient que lorsque le volume des lettres justifiait la dépense.  Mais, bien­tôt, avec le développement du service, les départs eurent lieu à heures fixes.  Puis apparurent des com­mis dans les bureaux; ils encaissaient les taxes à l'arrivée, à leur profit propre, ce qui laisse supposer qu'ils avaient acheté leurs charges au Contrôleur Général. Et l'on vit bientôt dans les grandes villes, se différencier les fonctions: Maîtres de poste pour la fourniture des moyens de transport (essentiellement les chevaux) ; courriers pour le transport effectif des objets et des lettres ; commis et distributeurs à pied pour les rapports avec le public; le Contrôleur Géné­ral ayant le contrôle et la responsabilité de l'ensem­ble vis à vis du Roi.  Tout cela va lui assurer un avantage considérable sur les réseaux privés qui con­tinuent à subsister et même à se développer.

Henri IV attacha tout de suite beaucoup d'impor­tance à la mise à la disposition du public de la poste d'Etat, et nomma en 1595 à la tête du service, comme Contrôleur Général des Postes, Fouquet de la Varane, un de ses compagnons de guerre. Des relais existaient déjà depuis longtemps sur les gran­des routes, partant en étoile autour de Paris, mais des régions entières restaient isolées : Massif Cen­tral, Bretagne. Henri IV prit donc l'édit du 8 Mai 1597 dans le souci d'améliorer le bien être général et aussi d'en tirer quelque profit.  Il décida qu'il serait établi, par les villes et bourgades, tant sur les grands chemins que sur les traverses, des relais de chevaux pour voyager, tirer les voitures et labourer. Ils étaient distants les uns des autres de 6 à 8 lieues, et leurs baux, de 3 et 6 ans, cédés, au plus offrant.  La location d'un cheval coûtait 20 sols tournois par jour, plus l'entretien.  Pour éviter les vols, ces chevaux étaient marqués de la lettre H, de la fleur de lys et de la lettre du relais.  Les emprunteurs devaient les restituer au relais prêteur ou au relais suivant.  Il était, bien entendu, interdit de les faire galoper, pri­vilège réservé aux courriers du Roi.

Deux offices de Généraux des Maîtres des relais furent créés et tous deux furent achetés par le Maré­chal de Biron. A la disgrâce de Biron (1602), les deux Généralats furent rattachés au Contrôleur Gé­néral des postes, Fouquet de la Varane, ce qui ren­força encore sa puissance, reconnue par les lettres royales de 1608 qui le confirmèrent dans les attribu­tions de Général des relais, de la poste aux chevaux et de la poste aux lettres. Le transport des plis des particuliers, par les courriers royaux, se faisait de­puis longtemps, mais n'avait jamais été légalisé. Aussi Henri IV fit preuve de sagesse en signant l'édit de 1603 où il est explicitement admis que les cour­riers du roi peuvent acheminer la correspondance pri­vée: c'était la création d'une véritable poste aux lettres d'Etat.

 

4.   Les réformes de Louis XIII La création des Offices

En 1616, Pierre d'Almeras succède à Fouquet de la Varane en lui rachetant sa charge de Contrôleur général des postes. Comme conséquence au dévelop­pement du trafic, à la création de bureaux et de courriers réguliers entre les principales villes du royaume, d'Almeras est amené, en 1627, à établir un tarif général de la poste aux lettres, alors que, jusque là, malgré les tentatives faites précédem­ment pour établir un tarif homogène, le prix était fixé après négociations entre porteurs, expéditeurs, ou destinataires, ce qui n'allait pas sans difficultés.

Il faut bien comprendre qu'à cette époque, il y avait pour le transport des correspondances:

- les Maîtres de poste, chargés de la fourniture des chevaux aux chevaucheurs, aux courriers, et aux particuliers ;

- la poste aux lettres avec ses courriers chargés du transport des lettres du Roi et du public en utili­sant les chevaux des Maîtres de poste;

- les messagers de l'Université et les messagers royaux (pour les paquets) ;

- les messagers des villes;

- les fermiers des coches et carrosses de terre ou d'eau ;

- les loueurs de chevaux autorisés;

- les rouliers transporteurs de marchandises.

Tout cela s'enchevêtrait et une seule personne pouvait être à la fois propriétaire ou concessionnaire d'une ou plusieurs de ces exploitations différentes.

Jusque là, les Maîtres de relais n'avaient qu'un seul rôle: fournir des chevaux aux chevaucheurs de l'Ecurie du Roi, et s'ils avaient des chevaux disponi­bles en plus, les fournir aux particuliers contre une rémunération. Avec l'extension de la poste royale au public, ils vont étendre leur rôle à la fourniture des chevaux aux courriers transportant la correspon­dance du Roi et du public. Les chevaucheurs de l'Ecurie, qui ne dépendent pas du Contrôleur géné­ral des postes, mais du Grand Ecuyer, haut digni­taire du royaume, sont alors réservés au transport des plis royaux urgents ou secrets;  la correspon­dance royale ordinaire et administrative étant prise en charge par les courriers royaux précédemment cités.

Dans ce système, le Contrôleur général des postes vend de gré à gré la charge de Maître de relais (devenu Maître de poste), à qui en a la capacité et est de bonnes moeurs. Le Maître de poste récupère sa mise en louant ses chevaux aux courriers et aux voyageurs, les courriers étant, quant à eux, rémuné­rés par le prix du port des lettres. Le Maître de poste est propriétaire de sa charge et présente son succes­seur, et l'emploi reste souvent dans la même famille. On cite la famille Lasselme qui assuma la charge de Maître de poste à Neufchatel en Bray de 1554 à 1856, pendant 3 siècles.  Le Contrôleur général peut destituer le Maître de poste qui néglige son travail. les Chevaucheurs et Maîtres de poste ont des privilèges: exemption d'impôts (20 livres sous Henri III), non saisie de leurs chevaux par la justice, dispense du logement des gens de guerre. Ils peuvent exercer un autre métier, parfois cultivateur et le plus souvent hôtelier.

Le pouvoir royal, qui s'était d'abord désintéressé de la chose, sauf à faire transporter rapidement son propre courrier par les chevaucheurs, en comprit l'intérêt pour le public, mais aussi pour celui des caisses de l'Etat. Alors qu'avec la charge de Contrô­leur général, une fois vendue, le Trésor ne percevait plus rien, sauf de temps en temps, par une réévalua­tion; avec la création des Offices, on vend le droit d'exploiter pour une durée déterminée, et au besoin on les multiplie ce qui rapporte davantage au Tré­sor.

En 1629, Louis XIII lance sa première réforme. La charge de Contrôleur général est supprimée et remplacée par l'office de Surintendant général des postes. Libre au Surintendant d'exploiter lui-même, ou de vendre à d'autres, en tout ou en partie, ce droit d'exploiter.  Bien sûr, il doit assurer, en priorité, le transport du courrier du Roi, même dans les traver­ses, et reçoit, à ce titre, 9 000 livres par an.  Il nomme et destitue les courriers et leurs chefs, les Maîtres des courriers, et juge leurs différends (avec appel au Conseil du Roi),

Dès le début, on créa trois offices de Surintendant général et 19 offices de Maîtres des courriers.  Ceux-ci devaient, à leurs frais, pourvoir leurs régions de bureaux avec des commis; en échange, ils gardaient le produit des taxes.

Les frères d'Almeras étant tombés en disgrâce et n'ayant pas été admis à concourir, les 3 offices de surintendant furent achetés par une seule et même personne, Nicolas de Moy qui devint Surintendant général des postes. Celui-ci récupéra les sommes investies en vendant, à son tour, les offices de Maî­tres de courriers et de loueurs de chevaux.

La réforme de 1630 était bassement financière. Elle donnait des revenus fixes au Roi et au Surinten­dant dans les ventes des offices, et des revenus varia­bles avec le trafic aux Maîtres des courriers qui gardaient le montant des taxes perçues. Elle était mauvaise en ce sens que le Surintendant n'avait aucun intérêt à multiplier les taxes, les bureaux, à développer le trafic sur lequel il ne touchait rien, et même à défendre son service contre la concurrence d'autres entreprises.

Cette organisation fonctionna mal, et en 1632, Nicolas de Moy est remplacé par Arnould de Nou­veau, qui allait devoir l'améliorer.

 

5.   Mais les organismes privés résistent

La mise à la disposition du public du réseau postal royal ne fut pas vue d'un bon oeil par la noblesse et les marchands qui préféraient que les entreprises soient libres. Mais le développement du trafic fut tel que les entreprises privées de transport se développèrent parallèlement au réseau royal.

Il en fut ainsi des Messageries royales, créées par Henri III, à ne pas confondre avec les courriers royaux et les chevaucheurs.  La Messagerie royale était une charge vendue par le roi et qui pouvait être revendue par son propriétaire.  Les Messagers royaux avaient le privilège du transport des sacs de procédure, fort nombreux en ce temps de chicane.  Ils pouvaient transporter les prisonniers, prévenus ou condamnés. Ils étaient, en cela, en concurrence avec les messagers de l'Université et les greffiers des Parlements. On se rend compte de la complexité de tous ces réseaux qui se superposaient, les uns aux autres. Les Messagers royaux débordèrent bien vite de leurs prérogatives et transportèrent aussi le cour­rier privé. Mais ils ne pouvaient circuler que de jour et ne pas courir la poste, c'est-à-dire aller au galop. Cela ne gênait pas les messagers de l'Université qui continuaient à progresser et qui transportaient éga­lement le courrier privé; de multiples procès les opposaient aux autres organisations, mêmes royales, mais ils les gagnaient toujours, soutenus en cela par le Parlement.

Les villes développent aussi leurs messagers com­munaux. Le Roi essaya bien de leur faire payer leurs charges et de les intégrer dans le réseau royal, mais les messagers communaux ne suivirent pas, et il faudra attendre le XVIIIème siècle pour que la Ferme générale des Postes absorbe peu à peu les messagers communaux.

Les villes sont d'ailleurs très sourcilleuses sur la défense de leurs libertés et donc sur l'indépendance de leur réseau postal. Il en est ainsi à Toulouse où l'organisation est, dès 1590, complète et bien réglée avec 14 messagers pour Paris, Lyon, Bordeaux et un Maître des messagers qui assure en même temps la fonction de commis et a le monopole de la distribu­tion du courrier privé dans toute la ville. Le voyage Toulouse-Paris dure I5 jours, le courrier reste 8 jours à Paris, puis revient en 15 jours à Toulouse. Le courrier garde le montant des taxes pour lui, sous réserve d'un dixième versé au Maître des messagers. Les messagers doivent savoir lire et écrire, donner caution, prêter serment et porter l'écusson de la ville brodé sur leur manteau.  Toutes les villes du Sud de la France avaient leurs messagers: Montpellier, Albi, Marseille, Toulouse...

A Lyon, ville commerçante importante, les mar­chands décident de créer une messagerie municipale (1611) qui fut confiée à Nicolas Seguin. Celui-ci ouvre un bureau où tous les messagers, de la ville ou de l'extérieur, doivent obligatoirement passer pour y remettre ou prendre leurs plis.  Le pouvoir royal laisse faire car cela ne gène pas le courrier du Roi, et d'ailleurs la contrainte n'aurait fait que dresser des villes prospères contre le Roi, sans profit pour les deux parties. D'autant plus que souvent, les différen­tes charges se retrouvaient dans une même per­sonne: ainsi à Reims, on voit, en 1622, Jacques Nollin, messager de la ville prendre également la charge de messager royal, puis celle de maître de poste, enfin celle de maître des coches de la ligne de Paris.

Les messagers communaux qui relient souvent leur ville à la capitale, doublant ainsi les courriers royaux, transportent aussi des marchandises, tels ces messagers de Troyes, qui livrent à Paris, les fameu­ses andouillettes, déjà renommées, pour le prix de 10 deniers la douzaine. Le métier, bien que dangereux, est envié et, en 1606, quand le courrier de Troyes, Varollet, est assassiné dans l'exercice de ses fon­ctions, deux candidats se manifestent aussitôt pour lui succéder, son gendre et un archer; ce dernier est préféré sous réserve de dédommager la veuve et le gendre.

 

6.   La Surintendance de Hierosme de Nouveau et les Maîtres des Courriers (1635-1665)

Par un édit de mai 1632, Arnould de Nouveau retrouva la nomination et la destitution des Maîtres des courriers. Mais il ne resta pas longtemps en fonction et céda la place à son fils Hiérosme.

Avec le développement du trafic, le réseau postal était une bonne affaire commerciale.  Le pouvoir le savait et il avait besoin d'argent. C'est pourquoi il créa, non pas un, mais trois offices de Surintendant général, l'annuel, l'alternatif et le triennal, et bientôt un quatrième, le quadriennal (en 1645).  Dans ce sys­tème, chacun des titulaires avait le droit d'en exercer les fonctions, une année tous les 3 ans, puis avec le quadriennal, tous les 4 ans. Hierosme de Nouveau les acheta tous les quatre; ainsi, il restait toujours l'uni­que Surintendant général.

Les offices de Maîtres des courriers étaient d'une durée déterminée 7, 9, 12 ans. Ils étaient réévalués par le Trésor, en cours d'exécution, sous les motifs les plus divers. Hiérosme de Nouveau achetait tout, reconduction et réévaluation des offices, et les reven­dait avec bénéfice, soit en entier, soit par tiers ou par quart à l'image de la Surintendance. Le Trésor, toujours à court d'argent, multiplia les emplois de contrôleurs dans les bureaux, puis de contrôleurs peseurs-taxeurs de lettres. A chaque fois, Hiérosme de Nouveau achetait tous ces offices en bloc au Tré­sor, et les revendait fort cher aux Maîtres des courriers, ayant le privilège de racheter l'office des Maî­tres de courriers récalcitrants, et de le revendre à une tierce personne avec tous les emplois soumis à l'autorité de ce Maître de courrier. En échange de leur bonne volonté, les Maîtres des courriers étaient au­torisés à augmenter d'un quart les taxes qu'ils perce­vaient sur les utilisateurs du réseau postal.

Hiérosme de Nouveau devint très riche et très influent. Mais il restait un ami dévoué de Fouquet pour qui il intercepta des lettres de Colbert à Maza­rin, ce qui lui valut l'inimitié de deux puissants ministres, le Tellier, ministre de la guerre, et Colbert lui-même, et provoqua sa disgrâce à la chute de Fouquet en 1661.

Ces sordides histoires d'argent prouvent au moins une chose, c'est que l'exploitation du réseau postal était très rémunératrice pour tous et en premier lieu pour le Roi qui, en 1663, supprima les offices, mais n'en remboursa pas le prix.

Pourtant la gestion des Postes ne fut pas mauvaise durant cette période. Hiérosme de Nouveau, qui avait autorité sur les courriers, mais aussi sur les Maîtres de poste, sut développer les chemins de traverse et étendit son monopole le plus loin qu'il put, faisant prendre des règlements par ses commis de Paris pour améliorer la qualité du service, et maint courrier fut emprisonné pour perte, vol ou spoliation de la correspondance.  A ce titre, le Surin­tendant avait un pouvoir disciplinaire sur tous les employés du réseau postal avec appel au Conseil du Roi.  Les Parlements protestèrent contre cet empiétement sur leurs prérogatives.  Mais le Roi soutint son Surintendant. Ce dernier, en étendant son mono­pole, se heurta à tous ceux qui exploitaient un réseau postal particulier. En premier lieu aux messagers royaux, limités à une seule route, à une seule loca­lité; détenant leur charge du Roi, ils ne purent résis­ter et furent peu à peu absorbés par la Surinten­dance. Les messagers universitaires soutenus par la ,puissante Université que le Roi ménageait, résistè­rent avec succès. Mais la lutte était inégale car leurs chevaux ne pouvaient marcher ou trotter que de jour, alors que les courriers de la Surintendance pouvaient galoper de jour et de nuit.

A côté des Maîtres des courriers subsistaient les Maîtres de poste, fournisseurs de chevaux.  Les deux fonctions étaient souvent confondues dans la même personne qui avait acheté les deux charges.

Le Maître de poste avait le monopole de la loca­tion des chevaux courant la Poste. Il touchait 180 livres par an pour 2 courriers du Roi par semaine dans chaque sens; cela lui était payé par le Trésorier de la Généralité de la province traversée. Il recevait aussi, du Maître des courriers, 20 sols par cheval loué d'un relais à l'autre aux courriers de la poste. Il devait avoir une écurie bien fournie en chevaux frais, dispo­nibles jour et nuit, et remplacer éventuellement un courrier défaillant en transportant lui-même la correspondance du Roi d'un relais à un autre.  Les dé­placements du Roi et de sa suite se faisaient en prélevant des chevaux sur les relais. Le Surintendant des postes, qui avait aussi le contrôle des relais, y pourvoyait en amenant sur place des renforts de chevaux, mais cela augmentait le travail du Maître de poste, et les plaintes affluèrent. Pourtant, le ser­vice se développait, et malgré le mauvais état des routes, il y avait déjà 600 relais en France en 1636.

La compétence du Surintendant s'étendait sur tout le territoire soumis au Roi, excepté sur les nou­velles conquêtes où le Roi nomma des Maîtres des courriers indépendants, comme Desplette en Haute et Basse Alsace (1636) ; Michel de Tamaris en Rous­sillon (1654) ; et 4 Maîtres des courriers différents en Flandre, Brabant, Cambrésis et Artois (1646).  Les Maîtres des courriers de France et des provinces rattachées choisissaient eux-mêmes leur personnel: courriers et postillons.

Tout ce monde était rémunéré à partir des taxes perçues sur la correspondance et le transport des Personnes et des marchandises. Seuls avaient droit à la franchise: le Roi, les Secrétaires d'Etat, le Surin­tendant général des postes, les Intendants des Finan­ces (arrêt royal de 1637). Pour les autres, il y avait 2 tarifs appliqués aux lettres; celui des Maîtres des courriers qui était en port dû, celui des messagers que l'expéditeur payait en indiquant le montant lui-­même sur l'envoi.

Pour y mettre un peu d'ordre, un arrêt du Roi décida en 1644 qu'il y aurait 3 niveaux de taxes: le premier pour les lettres simples, le second pour les lettres d'un poids inférieur à une once, et le troisième pour celles égales ou supérieures à ce poids. Le tarif était modulé suivant la distance et acquitté par le destinataire au profit du bureau d'arrivée. Ce tarif mécontenta tout le monde; les expéditeurs qui vou­laient continuer à payer le prix de leurs envois; les Maîtres des courriers qui l'estimaient insuffisant et surtaxaient; l'opinion publique qui le jugeait trop élevé et était scandalisée par l'enrichissement des Maîtres des courriers. Le Parlement de Paris, qui allait entrer en fronde contre le Roi, s'en émut, et celui-ci recula. Il fut admis, par le traité de Rueil du 11 mars 1649, que les notables seraient entendus pour la fixation des tarifs et, de fait, un tarif des Postes fut établi par le Parlement de Paris avec l'aide des marchands.  C'était le premier exemple de la participation des usagers dans l'établissement des tarifs, et le Roi, pris entre les marchands et le Parle­ment d'une part, et les Maîtres des courriers d'autre part, confirma le tarif de 1644, en interdisant aux courriers de surtaxer les lettres.

Mais la fin des offices, et celle du Surintendant général des Postes, approchaient.  Colbert était con­tre les offices. Dans sa lutte contre Fouquet, il visait surtout le clan des financiers douteux, notamment H. de Nouveau. Il lui fut facile de trouver des accusations contre le Surintendant général des postes, par exemple multiplication des offices de Maîtres de poste, déviation des routes postales, ce qui ruinait les Maîtres de l'ancienne route au profit de ceux de la nouvelle, surtaxes abusives de la correspondance, etc.... H. de Nouveau fut condamné par la Cour de justice à payer 300 000 livres au Trésor. Colbert voulait supprimer les offices sans en rembourser le prix. On trouva donc la combinaison suivante: les offices sont supprimés sans indemnités et transfor­més en commissions d'une durée de 12 ans jusqu'au 1er janvier 1674 pour le Surintendant général, ses Maîtres des courriers, et les Maîtres de poste.  Pen­dant cette période, les Maîtres des courriers pou­vaient racheter les messageries royales et les messa­geries de l'Université, ce qui était un nouveau pas vers l'unité des réseaux. H. de Nouveau, diminué dans sa fonction, dans ses revenus, atteint dans sa santé, mourut le 24 août 1665, laissant une succession difficile à sa veuve et à son gendre, le Comte de Motha.  La Surintendance générale était vacante et Louvois intervint pour en combler le vide de 1665 à 1668, date de sa nomination officielle.  Avec lui, une nouvelle période très importante va s'ouvrir pour le service postal.  Mais, la gestion de H. de Nouveau, très critiquable sur le plan financier, fut néanmoins bénéfique sur le plan de son organisation, car H. de Nouveau et surtout ses collaborateurs furent de bons administrateurs.  Durant ces trente années, le réseau postal s'est un peu plus unifié, s'est très étendu et a reçu une régle­mentation à peu près homogène. Louvois, avec ses deux principaux commis, Rouillé et Pajot, allaient continuer l'oeuvre commencée.

 

7-    La France, centre de transit international

La France a, par sa position géographique, une situation privilégiée, et ce fut vrai au XVIIème siècle, puisque, d'une part, le Roi d'Espagne ne pouvait correspondre avec ses territoires des Flandres et d'Allemagne que par mer (ce qui était long et péril­leux), ou par la France; et que, d'autre part, l'Angle­terre se sentait naturellement tournée vers la France pour ses communications avec le Continent.

Entre l'Espagne et le Saint Empire, les relations sont indispensables, surtout pour Charles-Quint. Celui-ci demande à Francisque de Taxis, son Maître Général des Postes, d'organiser une ligne postale entre l'Espagne et le Nord de l'Europe, à travers la France, ce qui est réalisé en 1504.  Les courriers de Charles-Quint la traversent avec leurs malles-poste et cela laisse le Roi de France indifférent.

Mais les choses changèrent pendant le conflit avec François 1er, et la route se déplace alors des Flandres vers Lyon et Gènes, avec embarquement à Barce­lone. Le Maître Général, F. de Taxis, gère aussi, à la même époque, les liaisons postales de l'Alsace-Lor­raine, de la Bourgogne, de la Franche-Comté qui sont alors terres d'Empire. C'est revivifier les routes de la Lotharingie au détriment des routes de 1'lle de France.

Avec l'Italie, la route postale espagnole passait par le Sud de la France, par Bayonne et Narbonne. Mais, le Roi de France, Louis XIII, veut revenir à un trafic rémunérateur et important sur le plan poli­tique. En 1630, il prend un édit créant deux postes de Maîtres des courriers français pour les lettres étrangères, l'un à Paris, l'autre à Lyon. Ces deux personnages ont tous pouvoirs pour tous les pays, sauf pour l'Angleterre et les Pays-Bas qui restent sous l'Administration directe du Surintendant géné­ral. Ils ont la compétence pour négocier directement des problèmes d'exploitation avec les Maîtres géné­raux des Pays étrangers.

H. de Nouveau mena, dans ce cadre, de difficiles négociations avec l'Angleterre. Le principe en était simple, mais le partage des revenus l'était moins, d'autant plus que chacun des Maîtres généraux trai­taient pour son propre compte. Enfin, un accord fut signé avec l'Angleterre en 1638. Les discussions fu­rent plus longues pour arriver à un accord, pour le courrier échangé entre l'Espagne et les Pays-Bas en transit avec la France, du fait de l'hostilité perma­nente entre les monarchies française et espagnole. Finalement, un traité fut signé en 166o entre H. de Nouveau et les Maîtres généraux des Flandres et d'Espagne, par lequel le transport des dépêches clo­ses entre ces deux derniers pays, se ferait, désormais, par des courriers uniquement français entre Irun et Bruxelles, contre rémunération, bien entendu. C'était un incontestable succès politique et financier à l'actif de H. de Nouveau.

La charge du bureau de Lyon pour les lettres étrangères échut à la famille Du Lieu qui avait déjà la charge de Maîtres des courrier du Lyonnais.  De Lyon partaient deux routes postales importantes: l'une vers Venise (et l'Orient), l'autre vers Rome.  Un accord, identique à celui de H. de Nouveau, fut signé par Du Lieu pour le transport, par le Sud de la France, de la correspondance échangée entre l'Espagne et l'Italie.

 

Tous ces accords restèrent en vigueur jusqu'à la fin du Premier Empire.

 

La Poste et la route

Les messagers parcouraient les routes à pied ou à cheval. L'état des routes, leur sécurité étaient pour eux d'une grande importance et se reflétaient sur la qualité de leur service. On s'en rendra compte en lisant cet extrait du livre de jean Bonnerot sur l'esquisse de la vie des routes aux XVIème siècle.

« Cependant, ce manque de sécurité risquait d'inter­rompre toute circulation et de ruiner par contrecoup le commerce, danger autrement grave que le mauvais état des chemins. La tentation était grande pour les bandits de s'embusquer derrière une haie, à un passage difficile ou montueux, et de tomber sur le voyageur harassé, de le piller et de le tuer s'il fait mine de se défendre. Les attaques à main armée sont continuelles, et les crimes, faute d'une police des routes, demeurent impunis. Les Etats de Blois furent unanimes à demander, en 1576, la répression de ces brigandages: le clergé signalait même que nombre d'assassinats étaient commis par des person­nes masquées. L'ordonnance de Blois autorisa les popu­lations des campagnes à sonner le tocsin pour « courir sus de telles gens ». Mais une réforme, inscrite dans l'article 196, et qui n'est que l'écho presque textuel d'un voeu du clergé, en déclarant pécuniairement responsables le seigneur et les habitants des villages voisins du lieu où le crime aura été commis, va enfin donner aux routes un commencement de sécurité. Seigneurs et habitants doi­vent, dès qu’ils ont connaissance « de meurtres ou vole­ries », poursuivre en toute diligence les malfaiteurs «pour les appréhender et constituer prisonniers ». S‘iIs leur échappent, ils sont tenus de faire diligente perquisition et remarque de la façon de leurs habits, armes, chevaux et du lieu de leur retraite », et d'en tenir procès­-verbal. « Le tout sous peine aux dicts hauts justiciers de perdre les droits de leur justice et à leurs officiers de leurs estats et aux habitants desdits villages de grosses amendes... »

A défaut de police chargée de la surveillance des routes, on réglemente le port d'armes; celui-ci avait été d'abord permis aux seuls officiers du roi et gens nobles en novembre 1427. Les messagers pouvaient avoir une arme pour assurer leur sécurité et protéger les « plis» qu'ils étaient chargés de porter, mais ils avaient besoin d'une autorisation. En octobre 1532, une étrange exception était faite en faveur de l'épée et du poignard, mais en juillet 1546, le port d'armes était interdit à toutes personnes, gentilshommes ou autres; en novembre 1548, les permis accordés sont retirés et, jusqu’à la fin du siècle, les défenses se succèdent renouvelant ces prescrip­tions. Seuls, sans doute, les bandits de grand chemin n'étaient pas touchés par ces interdictions ; du moins les disputes entre voyageurs à l'auberge ou sur la route étaient-elles moins fréquentes et mortelles, et Zinzerling semble confirmer cette bienheureuse quiétude. “ On peut voyager en France avec plus de sûreté que partout ail­leurs, ce qu'il faut peut être attribuer à la prohibition faite aux voyageurs de porter des armes à feu ; les seuls auxquels elles sont permises sont les gens d'armes qu'on rencontre d'ordinaire deux à deux le long des chemins : grâce à leurs mousquets, ils peuvent mettre en déroute un nombre quadruple de brigands. »

                                                                  Source : “Les postiers” de Louis Cumin

11:57 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/10/2006

L’histoire des timbres.

Elle commence en mai 1840 en Angleterre, avec le fameux One Penny Black à l’effigie de la Reine Victoria, mais la légende de la poste est bien plus ancienne puisque les premiers transports de courrier ont eu lieu en Chine, il y a plus de 6.000 ans...

On se retrouve après d’autres transports — verticaux, ceux-là : accrochez-vous...

Donc, premiers échanges de courrier en Chine entre gens de la Cour et gros commerçants. Nous sommes en -4000, et le papier n’ayant pas encore été inventé, c’est la soie qui sert de support, parfois le bambou, la terre cuite ou même la pierre : bonjour les facteurs !

Les premières lettres qui nous soient parvenues intactes sont des tablettes d’argile venant de Turquie et recouvertes de caractères cunéiformes : elles ont été gravées en l’an -2000 environ : elles auront donc mis près de 4000 ans pour arriver jusqu’à nous, bravo l’efficacité !

Les services de messagerie, eux, existent depuis la nuit des temps : songeons au malheureux coureur qui expira, à bout de force, après 42 kilomètres et des poussières, annonçant aux Grecs que les Perses venaient d’être battus à Marathon !

Le mot « poste » vient des Romains, et de l’empereur Auguste, lequel créa au 4e siècle un immense réseau de courriers à cheval et de relais : une « posta » était une station, disposée sur un itinéraire.

Attention, tout ne va pas toujours sur des roulettes ! 

Ah, jolie glissade ! Qui nous permet de glisser jusqu’à Rowland Hill, en Angleterre, en 1840. Ce brave homme est directeur des Postes de Sa Gracieuse Majesté. Il veut réformer le système en vigueur qui ne fonctionne pas, selon lui. Partout dans le monde, en effet, on payait en fonction de la distance que parcourait l’envoi — et cela devenait vite ruineux. Ensuite c’était le destinataire qui payait — ce qui pouvait être gênant et conduire à des abus.

On raconte d’ailleurs que c’est en prenant connaissance d’une de ces fraudes, lors d’un voyage en Écosse, que Rowland Hill décida de tout changer. Il aurait assisté, en effet,  à une scène étrange entre le facteur local et une jeune fille du village. Celle-ci devait payer une grosse somme pour une lettre venant de Londres. Mais après avoir examiné l’envoi dans tous les sens, elle refusa, expliquant qu’elle était sans le sou. En fait, apprit-on plus tard, cette jeune fille et son fiancé londonien avaient mis au point un code pour communiquer sans bourse délier...

Oui, nos amoureux par correspondance avaient trouvé un système tout bête : c’est l’enveloppe qui portait le message — et pas son contenu. Ainsi, quand le nom de la jeune fille était souligné cela voulait dire « je suis malade » ; quand les initiales du nom était entourées d’un cercle cela voulait dire « je t’aime » ; et quand une petite couronne était dessinée dans un coin de l’enveloppe, cela voulait dire « je te rejoins à ma prochaine permission, mets ta petite robe verte, j’ai toujours ma moustache, j’espère que ta mère est chez sa sœur ! .

Rowland Hill eut du mal à faire passer l’idée d’un prix unique pour le courrier, quelle que soit la distance. « On ne paiera qu’en fonction du poids » — disait-il, « et ce sera l’envoyeur qui avancera l’argent » — sous forme d’un ou plusieurs timbres pré-payés.

Ceux qui luttaient, au Parlement, contre son idée, affirmèrent que ces timbres-poste allaient transmettre  toute sorte de maladies contagieuses. On n’était pas loin des angoisses liées au charbon d’aujourd’hui...

Pourtant le système génial de notre homme finit par s’imposer : les collectionneurs de timbres purent se mettre au travail !

 

Le premier timbre-poste du monde fut donc britannique. Il s’agissait d’un petit rectangle de papier noir, sans dentelure, présentant le profil gauche d’une reine Victoria de 15 ans, toute fraîche et joliment coiffée. Sa valeur faciale — comme on dit —, était de un penny. L’un de ces fameux One Penny Black est d’ailleurs ce qui s’est fait de mieux dans le genre poids/prix : cette vignette minuscule fut en effet vendue à Lugano, en Suisse, il y a dix ans, pour, tenez-vous bien, plus de 2 millions d’euros —80 millions de francs !

Mais attention, là aussi, comme partout, il y a des faux! Le premier d’entre eux apparut la même année que l’original, en 1840, à Londres : personne ne fut dupe, heureusement, la contrefaçon était trop grossière. C’est en pensant à ça que Rowland Hill avait retenu la coiffure compliquée de la reine : elle était difficile à reproduire !

Aujourd’hui, paradoxalement, ces faux One Penny Black valent presque autant que les vrais !

Attention, voici d’autre petits bouts — tout aussi chers et fragiles !

En Belgique les premiers timbres firent leur apparition en juillet 1849. Il s’agissait du célèbre Léopold Ier, exemplaire dit « aux Épaulettes », vendu 10 centimes pour le type brun et 20 centimes pour le bleu. Pourquoi cette différence ? Parce que l’on payait encore, en Belgique, suivant la distance : pour 10 centimes on avait droit à 10 grammes de courrier et 30 km, pas plus — pour 20 centimes on pouvait aller au delà de 30 km. Ces timbres, très recherchés aujourd’hui, furent quand même tirés à plus de 5 millions d’exemplaire chacun ! Mais Léopold Ier, le vrai, n’aimait son image sur le timbre : « Ces épaulettes, disait-il, me font une carrure d’enfant » ! Et l’on sortit alors un nouveau timbre, sans épaulettes, d’une valeur de 40 centimes, où le roi était présenté en médaillon !

Tiens, vous direz-vous, pourquoi pratiqua-t-on si longtemps, avant l’apparition du timbre, le port dû — c’est-à-dire le paiement à la réception ? Eh bien, à l’origine, c’était pour que le courrier soit livré plus vite : en effet les messagers, étant payés à l’arrivée, se dépêchaient de livrer !

« Chuis l’tamponneur des Lilas, ta ti ta ti ta ti ta ta ta taaaa... »

Très mignon, ce chaton ! Vous savez qu’il a un rapport avec la poste ? Dans la rubrique « moyens de transport du courrier », en effet, on trouve des chats, en 1879, à Liège, chargés de distribuer des paquets de lettres dans un rayon de 30 km autour de la ville. 37 matous furent mis à l’essai, mais l’expérience tourna court, évidemment !

D’autres animaux furent mis à contribution dans l’histoire de la poste : les chevaux du Pony Express, bien sûr — on en reparlera —, mais aussi les chameaux d’Afrique du Nord et d’Asie, les rennes en Russie et en Scandinavie, les chiens en Alaska ou les célèbres pigeongrammes chargés de microfilms lors du siège de Paris en 1870.

C’est à l’occasion de ce siège, également, qu’on essaya la poste par bouteilles, lesquelles étaient jetées à la Seine munies d’un bouchon.

L’eau est d’ailleurs à l’origine d’autres récits extraordinaires de distribution — que ce soit par gondole, voilier, bateau à moteur ou hydravion. Mais l’histoire la moins banale se passe aux îles Tonga.

Après ces baignades...

Connaissez-vous les îles Tonga, dans le Pacifique ? Elles étaient à ce point entourées de récifs coralliens, au début du siècle, que le bateau postal devait rester en haute mer. Il jetait donc le courrier par dessus bord dans de grands bidons de fer blanc — en anglais « Tin can ». Ces bidons étaient récupérés par de courageux nageurs connaissant bien les passes du récif. À leur taille était noué un filin qu’ils attachaient à ces grandes boîtes à biscuit pour revenir à la nage vers la rive. Ce système dura près de 30 ans, et le courrier envoyé aux îles Tonga devint le courrier destiné aux « Tin Can Islands » — les Îles du Bidon de Fer blanc !

L’expérience prit fin en 1931 quand l’un de ces courageux facteurs  fut dévoré par un requin. On décida alors d’utiliser des canoës — mais le principe des bidons continua. Je ne vous dis pas le prix atteint par les timbres figurant sur les enveloppes de la Tin Can Mail — laquelle disparut définitivement en 1983, dévorée à son tour par l’avion et la poste aérienne...             Méchant requin...

Cherchons jeunes hommes minces, pas plus de 18 ans, orphelins, excellents cavaliers, prêts à risquer leur vie quotidiennement. Salaire : 25 dollars par semaine ». C’est ainsi qu’on recrutait, en 1860, pour le Pony Express, cette entreprise qui devait permettre aux deux côtes des États-Unis de communiquer plus facilement. La Californie, en effet, se sentait trop isolée de New York et de Washington : en 1850, par exemple, elle apprit qu’elle avait été acceptée dans l’Union six semaines après les faits !

Le trajet du Pony Express proprement dit faisait 3145 kilomètres, entre Saint-Joseph, sur le Missouri, et Sacramento, près de San Francisco. Le premier cavalier partit le 3 avril, chargé de 49 lettres, 5 télégrammes et une poignée de journaux. On avait garanti aux expéditeurs une livraison en 10 jours. Pari tenu, puisque le premier trajet dura 9 jours et 23 heures ! Ce délai tomba à 8 jours grâce aux primes offertes par les éditeurs de journaux et les industriels de la côte ouest. Mieux, pour transmettre le discours d’investiture du président Lincoln, on établit le record à 7 jours et 17 heures ! Champagne ! — Et champagne ici aussi !

Le Pony Express n’exerça ses activités que pendant 18 mois, mais sa légende court toujours. Quelques personnages marquèrent son histoire, Billy Tate par exemple, qui fut le seul cavalier à mourir dans l’aventure. Il avait 15 ans et son corps fut retrouvé criblé de flèches indiennes.

Bob Haslam fut le plus rapide : il parcourut les 305 kilomètres qui lui étaient dévolus en 18 heures, utilisant 3 montures.

Mais le plus célèbre de tous fut William Frederick Cody, le futur Buffalo Bill, lequel détint le record de la plus grande distance parcourue sans repos : 618 kilomètres, soit Bruxelles-Lyon ! Il avait 14 ans...

Le Pony Express périclita dès le printemps 1861, victime de la lourdeur de ses charges. La Wells Fargo dut faire appel à l’État pour financer  les 190 relais, les 80 cavaliers à plein temps, les maîtres de poste, l’entretien des chevaux. Mais le vrai tournant fut l’arrivée d’un concurrent bien plus rapide : le télégraphe !

Dès le lendemain du premier message par fil, lequel traversa tout le pays en une fraction de seconde, le Pony Express cessait ses chevauchées...

« Le charme de certains timbres vient des erreurs involontaires qu’ils affichent. Leur valeur en est parfois augmentée aux yeux des collectionneurs.  Tous les pays, ou presque, ont connu ça. L’Allemagne, par exemple, avec un timbre représentant  Schumann sur fond de partition de... Schubert ! L’Autriche, avec un paysan aux oreilles à l’envers ! La Belgique et un avion de sa force aérienne immatriculé en... Italie ! La France avec un Pont du Gard auquel manquait une arche sur deux ! Monaco avec un président Roosevelt ayant 6 doigts ! Les îles Saint Kitts et Nevis qui représentèrent Christophe Colomb avec une longue-vue (elle n’a été inventée qu’un bon siècle plus tard) ! Le Cameroun qui oublie en 1983 un « r » à Mitterrand ! Le Canada qui représenta un castor avec des écailles sur la queue !

Mais l’humour est parfois involontaire, comme ce timbre d’Haïti, en 1960, qui représentait Miss Haïti avec, dessous, la valeur d’une gourde — la monnaie locale...

Voici d’autres erreurs !

Et voilà, c’est reparti, on enchaîne en vitesse avec cette question qui vous brûle les lèvres : mais de quand date la première boîte aux lettres ? Eh bien de 1653, très exactement, année où elle vit le jour à Paris grâce à un précurseur de génie, le sieur Jean-Jacques Renouard de Villayer. Jusqu’à lui on ne distribuait pas de courrier à l’intérieur de la capitale. Le courrier allait d’une ville à une autre, point. Ce brave homme inventa donc un nouveau système qu’il baptisa du joli nom de « Petite Poste de Paris ». Il sut convaincre le roi — ou plutôt son premier ministre, Mazarin, car Louis 14 était encore un gamin —, et fut donc autorisé à placer des boîtes aux lettres au coin des principales rues. Inutile de se déplacer au bureau central désormais pour expédier une lettre. D’où l’idée, déjà, du pré-paiement : on devait acheter à l’avance un billet spécial de port payé.

Malheureusement pour les collectionneurs, aucun exemplaire de ce petit bout de papier, véritable ancêtre du timbre, n’est arrivé jusqu’à nous...

« Comment dansait-on en 1653 ? Peut-être comme ça ? »

Très mignons, ces petits rats...Mais qu’ils ne nous fassent pas oublier le Père Noël ! — Entre parenthèse, il est plus que temps de lui écrire au cas ou Nicolas vous aurait oublié ! À quelle adresse ? Mais Route du ciel, bien sûr ! Toutes les administrations postales d’Europe déploient des trésors d’ingéniosité actuellement pour traiter ce courrier spécial. On répond toujours, soit sous forme de cadeau soit sous forme de carte de vœu. Des timbres spéciaux sortent aussi à cette période de l’année, permettant d’envoyer des vœux pour moins cher.

Et pourtant le Père Noël est une invention récente, et américaine de surcroît ! Le personnage est né en 1822 de la plume d’un professeur de théologie, Clément Clarke Moore, dans un texte qui s’appelait — autre paradoxe —, « La Visite de Saint-Nicolas » !

À vos plumes, donc, et songez que vous pouvez même écrire en France, en Allemagne ou en Angleterre, le Père Noël vous répondra — mais plus après le 25 décembre, œuf corse !

Les pharmaciens sont particulièrement doués pour déchiffrer les ordonnances de certains médecins. Mais peu de pharmaciens travaillent à la Poste. Pour comprendre certaines adresses obscures il vaut mieux s’adresser au « sphinx ». Ce personnage est né en Angleterre, évidemment. Il portait le nom de « blindman » — l’aveugle — et devait se débrouiller pour retrouver qui, exactement, était le destinataire des missives qu’on lui confiait. En 1850, par exemple, le grand bureau de poste de Londres reçut en un seul jour plus de 3500 lettres avec pour unique adresse : Londres ! — Pas évident !

D’autres destinations furent de véritables rébus à résoudre : qui d’autre que le blindman pouvait comprendre que sous [...] « Serumfredivi » se cachait « Sir Humphrey Davy » !

Et que l’adresse : 

« Gorge, sur l’Anfirticte, Vollop a razor o alluers »

... que cette adresse donc, n’était autre que celle d’un marin, Georges, à bord de l’Amphitrite, à Valparaiso ou ailleurs... » ! —             D’autres casse-têtes à présent, mettez vos casques...

Voilà, c’est avec cette dernière culbute que nous allons prendre congé des facteurs et des philatélistes. Il aurait encore fallu évoquer François de Tassis, fondateur des Postes européennes — qu’on retrouve dans les bâtiments bruxellois de Tour et Taxis —, ou l’histoire de ce timbre record portant la valeur astronomique de 50 milliards de Deutsch Mark datant de 1923, bonjour l’inflation ! — ou du Cabinet noir de Louis 15, lequel interceptait le courrier, l’ouvrait, vérifiait qu’aucun complot ne se montait contre lui, recachetait les plis puis les distribuait normalement !

Il y aussi le futur, avec l’essor du courrier électronique instantané : souhaitons qu’il ne renvoie pas aux oubliettes les bonnes vieilles missives d’antan, écrites à la main et timbrées !

Merci à Georges Renoy et aux Éditions du Monde pour leurs ouvrages — ils nous ont affranchi !

           

10:17 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/09/2006

La Poste britannique inaugure le timbre à imprimer chez soi.

Les sujets d'Elizabeth II peuvent désormais acheter leurs timbres sur Internet, et les éditer à domicile. En France, La Poste ne propose toujours pas cette solution.

« Vous n'avez plus de timbres ? Pas de panique. Imprimez votre affranchissement depuis votre PC ou votre Mac. » Voilà comment la Poste britannique, la Royal Mail, promeut son nouveau service, lancé le 19 septembre. Depuis cette date, les sujets d'Elizabeth II ne sont plus obligés de se déplacer dans les bureaux de poste pour affranchir leur correspondance. Il leur suffit de se rendre sur le site de Royal Mail, d'ouvrir un compte, de commander leurs timbres, de les régler par carte de crédit puis d'imprimer, sur une étiquette autocollante, le code-barres qui leur est transmis. Ce dernier, qui vise à décourager la contrefaçon, remplace le traditionnel portrait de la reine.

Pour Royal Mail, il s'agit de la plus importante innovation depuis l'apparition, en 1840, du« Penny Black », le premier timbre utilisé dans le monde. Ces timbres virtuels coûtent le même prix que ceux vendus dans les réseaux de distribution physiques.

 Philippe Crouzillacq

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08/08/2006

Marcinelle En marge du 50e anniversaire

Calisto Peretti a réalisé le timbre du « Cazier »

Fils de mineur , l'artiste de Horrues a été chronométreur au charbonnage de Tertre. Le croquis remonte à... 1956.

 

Artiste peintre de Horrues, Calisto Peretti a été choisi par la Poste pour illustrer le timbre commémoratif de la catastrophe de Marcinelle, émis le 5 août. Le croquis retenu a été dessiné par Calisto, dans le fond de la mine... en 1956.

Le 8 août 1956, Calisto Peretti n'était pas au Bois-du-Cazier. Mais comme tous les fils d'immigrés italiens et fils de mineurs, cette catastrophe, il l'a ressentie au plus profond de son être. Plus encore parce que son père, qui avait fui les affres du fascisme dans les années 30, avait été l'un des premiers à creuser les galeries du charbonnage de Tertre. Et parce qu'il sait aujourd'hui encore la souffrance endurée par cette gueule noire paternelle. Tout comme il se souvient de l'attente horrible et quotidienne de sa mère...

 

Dans « le fond », Calisto Peretti avait toujours voulu y être. En souvenir de son père. Peu après la catastrophe du Cazier, il se lie d'amitié avec le chef de la sécurité du charbonnage de Tertre, Hector Flamme. Et s'y fera engager comme chronométreur, à 19 ans. À l'époque déjà, Calisto dessine, croque le quotidien à pleines dents. « C'était le seul moyen pour descendre, raconte-t-il. Je le voulais tellement. En tant que chronométreur, j'avais pour mission de calculer les temps de travail de tous les mineurs, pour répartir les tâches. Entre deux chronométrages, je réalisais des croquis. »

 

Calisto était loin de se douter qu'un de ces croquis illustrerait un timbre commémoratif, cinquante années plus tard. Mais sa vie a changé ce jour-là. « J'y suis resté trois ans. Le chef de la sécurité, qui s'évertuait à faire des dessins expliquant les dangers de la mine, voyant mes croquis, m'a demandé de faire des affiches. J'y descendais trois jours pour les chronométrages et ma documentation. Il me fallait ensuite trois jours pour réaliser les affiches. »

 

Calisto Peretti sera ensuite engagé à l'Association nationale pour la prévention des accidents de travail, l'Anpat. Il y restera 25 ans, y créera le service graphique et dessinera plus de 1.000 affiches, avant de s'engager sur une autre voie, celle de la peinture, dont il fait sa profession de foi humaniste, et où il ne cesse d'évoquer l'homme qui souffre, au quotidien.

 

FABRIZIO SCHIAVETTO

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07/08/2006

Les collectionneurs de timbres peuvent dormir tranquille

Malgré la baisse de lettres envoyées par la poste, les philatélistes n'ont rien à craindre. La Postes Canada continuera d'émettre des timbres, des beaux timbres «qui reflètent l'identité du pays pour tous les clients, collectionneurs et expéditeurs», promet Moya Green, présidente de Postes Canada.

Dans une lettre écrite le 3 mai et envoyée (par la poste ou par courriel ?) à la revue Philatélie Québec, la pdg des Postes Canada a tenu à rassurer les collectionneurs de timbres, «ce groupe de clients très spéciaux». Postes Canada a bien l'intention de demeurer «un fournisseur avant-gardiste et un chef de file dans le monde de la philatélie. Postes Canada demeurera innovatrice dans la production et la conception de timbres-poste de renommée internationale», écrit encore Mme Green.

Cependant, le nombre de timbres émis chaque année diminuera. Jusqu'à maintenant la société d'État émettait une cinquantaine de nouveaux timbres par année.

La Postes Canada n'émettra plus de timbres d'entreprises, de banques ou de quincailleries pour souligner leur anniversaire, informe Moya Green dans sa lettre à Philatélie Québec. La pdg assure que les timbres canadiens continueront d'être attrayants. On continuera, par exemple, d'émettre des timbres réalisés par gravure, plus coûteux mais plus beaux.

 

Louise Lemieux

Le Soleil

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07/06/2006

De Superman à la Castafiore

De tous les sujets abordés sur les timbres-poste, la bande dessinée est parmi les plus prisés auprès des 7 à 77 ans. Diversité culturelle oblige, tous ces personnages du 9e art à qui l’on consacre quelques vignettes ne sont pas les mêmes selon qu’ils sortent des imprimeries de Washington ou de Paris. À chacun ses petits Mickeys ! Il existe même des administrations postales qui, faute de bédés originales à proposer, s’approprient celles des autres pour nous les resservir sur timbres; c’est le cas de l’Albanie qui nous a gratifié ces dernières années de peu ressemblants Donald Duck et Mickey Mouse, ce qui a de quoi détonner dans un pays qui hier encore carburait au nationalisme pur et dur.

 

Le Service postal américain (USPS) annonce la sortie pour le 20 juillet d’un feuillet de vingt timbres entièrement consacrés aux héros provenant de l’entreprise DC Comics. Dix timbres sont à l’effigie d’autant de personnages connus (Superman, Batman, Wonder Woman, Plastic Man, Green Lantern, The Flash, Aquaman, Hawkman, Green Arrow et Super Girl), alors que les dix autres reproduisent des couvertures de magazines dans lesquels ils ont accompli leurs exploits.

 

Rappelons que Postes Canada avait émis en 1995 cinq timbres consacrés à des superhéros qualifiés de canadiens, parmi lesquels se trouvait Superman. Nous étions nombreux à ignorer alors que le célèbre personnage avait d’abord été dessiné en 1933 par le Torontois Joe Shuster (1914-1992), avant d’être cédé aux Américains et de faire la fortune de la National Periodical (aujourd’hui DC Comics). Enfin, pour ne pas faire de laissés-pour-compte, Washington promet pour l’an prochain un feuillet similaire de timbres pour les superhéros de Marvel Comics.

 

La Poste française propose aussi, bon an, mal an, quelques-uns de ses héros, quitte à faire appel de temps à autre à la bédé extraterritoriale, car, en cette matière, la Belgique a depuis longtemps empiété sur sa voisine. Cette année, pour la Fête du timbre, c’est Spirou qui avait reçu les honneurs le 27 février. Dans son programme philatélique pour 2007, Paris s’apprête à « timbrifier » nulle autre que la Castafiore, surnommée le rossignol milanais. La célèbre cantatrice, dont le répertoire semble s’arrêter à « l’air des bijoux », imaginée par Hergé (1907-1983), ne sera pas seule. Pour l’heure, on mentionne aussi d’autres personnages tirés des Aventures de Tintin, comme Séraphin Lampion, Rastapopoulos et Alcazar (la liste n’est pas encore arrêtée). On parle de six timbres en tout.

 

En 2000, Paris avait émis un carnet de timbres montrant Tintin et Milou, ainsi qu’un bloc-feuillet (c’est-à-dire un mini feuillet illustré comportant au moins un timbre) sur lequel on pouvait apercevoir le capitaine Haddock, le professeur Tournesol, Nestor et les Dupond et Dupont. Mais le tout premier timbre-poste en hommage à Tintin revient à la Belgique, qui lui consacra une vignette de 8 francs en 1979. Il y en eut d’autres depuis, dont une émission conjointe avec le Congo Kinshasa en 2001. Enfin, la poste néerlandaise réalisait en 1999 un magnifique doublé avec un carnet de timbres et un bloc-feuillet dédiés à l’album On a marché sur la lune.

 

Cyberpresse

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25/05/2006

Mondial 2006

Timbres ronds. A l'occasion du Mondial, La Poste française émettra le 29 mai un carnet de 10 timbres (0,53 euro pièce) qui met en scène tous les acteurs d'un match de football: joueurs, remplaçants, arbitres, entraîneurs, supporteurs et journalistes. Ce carnet sera composé de cinq timbres ronds - représentant respectivement un "dégagement" de gardien, un "contrôle", une "feinte de corps", un "centre" et un "retourné" -, d'un timbre vertical - l'arbitre - et de quatre timbres horizontaux figurant remplaçants, supporteurs, entraîneurs et journalistes. (AFP)

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26/04/2006

Hommage postume pour le Mémorial

A l'occasion du 30-ème anniversaire du Mémorial Ivo Van Damme, une série de timbres commémorative a été émise pour célébrer l'évènement. Ivo Van Damme et quatre autres athlètes figurent sur les timbres.

La Poste ne pouvait passer sous silence la 30-ème édition du Mémorial. Pour rendre hommage à cet événement, elle a décidé d'émettre une série spéciale de timbres en l'honneur de l'incontournable meeting d'athlétisme.

La série sera disponible dès le 24 avril. Elle est à l'effige de plusieurs athlètes: Ivo Van Damme, Alberto Juantorena (Cub), John Walker (N-Z), Sebastien Coe (G-B), et Steve Ovett (G-B).

Le Memorial a été organisé pour la première fois en 1977 en hommage posthume à Ivo Van Damme.
Il est devenu aujourd'hui un rendez-vous incontournable de la Golden League et le premier meeting d'athlétisme au monde.

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15/02/2006

Des timbres français à l'effigie de Spirou

Spirou est à l'honneur en France. Le petit groom en rouge, éternel adolescent et grand voyageur, sera la vedette de la Fête du timbre, les 25 et 26 février. Outre l'émission du carnet de dix timbres réalisés par José Luis Munuera, le nouveau dessinateur de la série des Spirou, les 105 villes, accueillant la fête, vont proposer des animations et jeux pour découvrir/redécouvrir l'univers de Spirou et ses 49 albums parus. Parallèlement, le Musée de la poste boulevard de Vaugirard consacre une exposition à Spirou, baptisée "Tels pères, tel fils".

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14/02/2006

l'histoire des chemins de fer

BERNE - La Poste suisse émettra deux timbres spéciaux en mars pour commémorer deux événements majeurs dans l'histoire des chemins de fer: le centenaire de ceux du Lötschberg ainsi que l'ouverture du tunnel du Simplon entre la Suisse et l'Italie.

Le timbre de 85 centimes montre une locomotive de CFF Cargo affectée au transport des marchandises, émergeant du tunnel du Simplon à son entrée nord, a indiqué La Poste lundi. L'ouvrage, construit en deux étapes de 1898 à 1905 et de 1912 à 1921, a été inauguré en 1906. Long de 19,8 kilomètres, il a longtemps été le tunnel de montagne le plus long du monde.

Le second timbre, d'une valeur d'un franc, représente une locomotive de la compagnie bernoise Berne-Lötschberg-Simplon (BLS) sur le viaduc du Bietschtal. La BLS a été fondée le 27 juillet 1906 pour établir tout d'abord une seconde liaison à travers les Alpes entre Frutigen et Brigue. La société exploite actuellement un réseau de 250 kilomètres et transporte 28 millions de passagers par an.

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13/02/2006

Fête des Lanternes

NANJING, 13 février (XINHUANET) -- Le Bureau d'Etat de la Poste a  émis dimanche une série de timbres commémoratifs pour marquer la  Fête des Lanternes, une fête traditionnelle chinoise qui a lieu  chaque année le 15 janvier selon le calendrier lunaire et qui  tombe cette année le 12 février. 

     Cette série comprend 5 timbres ayant pour thèmes les  lanternes en forme de poisson, de chou, de lotus, de dragon et  phénix, et de papillon. 

     Les régions administratives spéciales de Hong Kong et de  Macao ont émis le même jour des timbres à thème de lanternes.  

     C'est la 6ème fois que l'intérieur du pays, Hong Kong et  Macao ont procédé à l'émission conjointe de timbres sur un même  sujet. 

     Pendant la Fête des Lanternes, les Chinois ont l'habitude de mettre des lanternes devant les portes de la maison et d'organiser des défilés et des expositions de lanternes.

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12/01/2006

Un timbre français sur l'année du chien très chinois

Après avoir émis pour la première fois l'année dernière un timbre en l'honneur de l'année du coq, les postes françaises vont sortir le 23 janvier prochain, à la veille de la fête du Printemps, un timbre très couleur chinoise sur l'année du chien. C'est un artiste chinois résidant en France, Li Zhongyao, qui a été sollicité par l'administration des postes françaises pour illustrer ce timbre. Dans l'histoire d'un siècle et demi du timbre français, avec l'avènement du concept du timbre à la chinoise, Li Zhongyao est devenu la première personne à introduire le lavis à l'encre de Chine et la calligraphie chinoise dans les timbres français.

Le sujet du timbre français sur l'année du chien est un chien de chasse en train de descendre une montagne. A côté du chien, dont on peut voir la langue bien rouge, il y a les deux caractères chinois signifiant « année du chien ». On peut y voir aussi les mots «Année du Chien » « La Poste » et « poids inférieur à 20 grammes ». Chaque timbre, qui se vend par série de 10 timbres, a une valeur de 0, 53 euro. La poste française a aussi émis des timbres commémoratifs assortis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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