05/10/2007

Origine du mot philatélie

La première apparition du terme philatélie remonte à novembre 1864, dans un article du "Collectionneur de timbres-poste", un "journal paraissant le 15 de chaque mois" édité par Arthur Maury. Cet article est attribué à Georges Herpin, mais il est possible que son auteur soit en fait Arthur Maury.

Le rédacteur a construit ce néologisme à partir des racines de 2 mots grecs :

philos, ami  et atélia, affranchissement ou taxe acquittée.

La philatélie regroupe donc les amis des affranchissements, donc en particulier des timbres-poste. 

En fait, le terme atélia signifie plutôt franchise qu'affranchissement, et philatélie veux donc dire exactement le contraire de ce qu'avait à l'esprit Herpin !

Un héléniste plus compétent aurait donc choisi telios, un mot plus juste que philatélie était donc philotélie. Philotélie a d'ailleurs été fermement défendu par les Grecs !

Donc, malgré une étymologie douteuse et un terme peu évocateur, le mot philatélie a eu un succès certain, y compris hors de nos frontières ! Il me paraît assez bien trouvé : La notion de collection des affranchissements est plus vaste que la collection des seuls timbres. Elle reflète en fait plus la réalité actuelle - où de nombreux philatélistes ne collectionnent pas les timbres - que la situation de l'époque !

Le mot philatélie n'a pas été accepté à l'origine, les autres prétendants étaient basés sur le mot timbre, ils étaient sans doute trop évocateurs !

Timbrologie : l'étude des timbres. Même si la démarche du philatéliste est parfois scientifique, ce terme est sans doute exagéré.

Timbromanie ou Timbromania : mania signifie en grec "folie", et aurait mieux désigné cette névrose qui fait accorder une importance démesurée et amène à payer très cher des petits morceaux de papier !

Timbrophilie : la "passion des timbres" était un bon candidat, l'usage en a décidé autrement.

Ces termes archaiques sont encore utilisés de nos jours dans le nom de journaux (L'Écho de la Timbrologie) ; de sociétés philatéliques ; de négociants en philatélie.

Le plus souvent les raisons sont historiques (l'usage du mot philatélie n'était pas encore fixé) ; mais parfois il existe une volonté de donner une impression de pérennité, ou de donner un nom parlant mais encore disponible : les négociants choisissent souvent comme raison sociale "nom" philatélie, où "nom" est le nom du marchand, de la ville ou du département.

En d'autres langues l'usage est volontiers plus pragmatique, même si une variation du terme philatélie existe aussi. En anglais, on parle de "stamp collecting" : collection de timbre. En allemand, on utilise "briefmarkenkunde" : collection de timbres-poste.

Cette popularité en dehors de la francophonie s'explique sans doute par le fait qu'au début de la collection de timbres-poste, on collectionnait le monde entier, alors que maintenant la grosse majorité des collectionneurs se contente de son pays (ou d'un seul timbre !). L'explosion des émissions ne permet plus depuis longtemps de tout collectionner.

Avec la spécialisation des collections philatéliques, on a vu apparaître de nouvelles branches de la philatélie, beaucoup sont aussi nommées dans le même esprit :

Marcophilie, la collection des marques postales.

Mécanophilie ou Mécanotélie , la collection des empreintes de machines à affranchir et autres affranchissement mécaniques.

Maximaphilie, la collection des cartes maximun.

Aérophilatélie, la collection des timbres de poste aérienne et des documents postaux liés au transport aérien.

Astrophilatélie, une collection thématique sur ce qui touche l'espace. Les documents ayant voyagé dans l'espace sont une infime minorité des documents de cette collection.

Pré-philatélie désigne la collection des marques postales d'avant la création du timbre, c'est une branche de la marcophilie.

Phlogophilie, terme peu usité pour la collection des flammes postales, une autre branche de la marcophile.

Fiscaphilie ou plus communément Philatélie fiscale, la collection des timbres fiscaux.

Paraphilatélie, la collection des timbres non postaux. On parle surtout de pièce "Paraphilatélique" pour désigner un document à côté de la philatélie.

Errinophilie, la collection des étiquettes et autres vignettes non postales.

 

En fait, on est obligé d'acoller un adjectif ("classique" ou "traditionnelle") à philatélie pour désigner spécifiquement la collection de timbres-poste !

Le mot "philatéliste" désigne celui qui pratique la philatélie. La Poste emploie ce mot dans un sens très restrictif (qui m'exclu depuis quelques années) : pour désigner les abonnés à ses nouvelles émissions !

On différencie parfois le "vrai" philatéliste (qui a une pratique "sérieuse" de la philatélie) : du collectionneur de timbre (qui achète des timbres).

du "boucheur de case" : celui-ci possède un album pré-imprimé ou un classeur où une case attend chaque timbre émis. Son objectif est d'être complet.

du collecteur ou ramasseur de timbre (qui n'achète pas de timbre, il se contente de se fournir sur du courrier).

À noter que l'expression "timbré", qui désigne quelqu'un de plus ou moins fou, existait avant le timbre-poste : lire le dictionnaire de l’académie française de 1798, ( voir texte )   soit bien avant l'émission du "Penny Black" en 1840, premier timbre émis.

Origine : Mag’Timbre

08:02 Écrit par cplh dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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